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Emploi: la grande distribution fait valoir ses atouts

Une enquête menée par la Fédération du commerce et de la distribution révèle un recentrage des embauches vers les fonctions en magasin.

Les supermarchés renouvent avec la croissance… et embauchent de nouveau. Les derniers chiffres fournis par la Fédération du commerce et de la distribution confirment le surcroît d’emplois constaté ces derniers mois dans ce format de magasins, tout comme chez les hard-discounters, dont les récentes contre-performances semblent avant tout passagères. Le nombre de postes s’est apprécié de 1,1% chez les premiers et 4,7% parmi les seconds, entre 2007 et 2008.

Conséquence de deux changements d’enseigne majeurs (Simply Market et Carrefour Market), de nombreuses surfaces ont fait l’objet d’extensions ou de créations, capitalisant sur cette nouvelle identité pour renforcer leur position. Les maxi-discompteurs s’inscrivent dans cette tendance avec un développement soutenu de leur parc, à contre-courant des hypermarchés au sein desquels le nombre d’emplois régresse.

Dans un contexte d’intensification de la concurrence et de concentration, les fonctions supports souffrent de ce mouvement: les effectifs en entrepôts et parmi les grossistes sont en chute libre (-3,6%) tout comme dans les centrales d’achats et les sièges sociaux (- 5,5%). Les employés de rayon (libre-service) et les magasiniers constituent la majeure part des emplois en grandes et moyennes surfaces (34%), suivis par les hôtesses de caisse: les recrutements sont toujours principalement orientés vers le service en magasin et la vente (15%).

Cette dynamique s’explique notamment par un taux de turnover plus élevé que dans d’autres secteurs. Un élément néanmoins variable entre les régions, comme l’explique à La Voix du Nord Didier Julien, directeur d’un hypermarché Carrefour dans cette région. «  Chez Carrefour, la moyenne de l’ancienneté est d’une douzaine d’années et le turn over ne dépasse pas les 3% contre plus de 15 % en région parisienne. Quand les gens nous rejoignent, ils ne savent pas en général comment cela va évoluer mais ils affichent très vite une certaine satisfaction », indique-t-il.

Vers un renforcement de l’encadrement

Afin de gérer cette dynamique d’expansion et de nouvelles politiques commerciales, les fonctions d’encadrement sont amenées à se renforcer en magasin. Les embauches de managers se développent à marche forcée, avec un accroissement du niveau en vue: les licences professionnelles tendent notamment à progresser dans l’estime des recruteurs. Une association dédiée, Distech, supervise l’offre de formation en partenariat avec de nombreux établissements.

Les managers de rayon occupent toujours un rôle central, et peuvent évoluer vers des fonctions de direction, en particulier au sein de petites unités dans un premier temps (on assiste au retour des commerces « de quartier » avec des formats du type U Express ou Carrefour City). La grande distribution, au-delà de cet échelon et de formations spécifiques, tend aussi à se rapprocher des grandes écoles.

Le secteur, qui souffre d’une image relativement négative concernant les conditions de travail, tente de séduire les jeunes diplômés avant même la fin de leur cursus: Carrefour organise notamment le « Positif Game », jeu à destination des écoles de commerce partenaires de l’enseigne. L’objectif premier est de faire découvrir le large panel de fonctions regroupées par les distributeurs, des magasins aux sièges. Auchan propose pour sa part un séminaire sur le management à destination des étudiants de l’Edhec. Le groupe Casino vise quant à lui l’ESC Saint-Etienne, implantation stéphanoise oblige.

Dans un environnement économique chahuté, les distributeurs mettent également en avant un chiffre dont ils sont particulièrement fiers: on recense 88% de CDI dans la grande distribution alimentaire – moitié moins pour les femmes, toutefois.

Publié dansEntreprisesServices