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Carburant: les Français face au pétrole cher

Les tensions géopolitiques influent sur les cours du pétrole, pénalisant de nombreux acteurs économiques, ménages et entreprises confondus. Les gouvernements européens tentent de trouver la parade, non sans mal.

Point de vue – En hausse de plus de 18% depuis le mois de septembre, le prix du gazole (78,5% de la consommation) constitue un des facteurs d’inquiétude des automobilistes français. Sur la première semaine de mars, les prix à la pompe ont atteint un plus haut depuis juin 2008, en pleine flambée des cours du pétrole. Ces derniers évoluent actuellement entre 104 et 115 dollars en moyenne, selon leur qualité, WTI ou Brent.

Ce renchérissement des prix des carburants constitue un des éléments explicatifs du relèvement de la prévision d’inflation par le gouvernement, de 1,5% à 1,8%. « Remonter les taux alors qu’il n’y a pas de vrai risque inflationniste n’aura d’une part aucun impact sur les cours du pétrole, et d’autre part, cela peut avoir un impact négatif sur l’activité », indique à l’AFP Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Le pouvoir d’achat des ménages risque donc d’être affecté, dans les semaines à venir, par l’accroissement des prix à la consommation.

La détermination plus ou moins avérée de Christine Lagarde et de Frédéric Lefebvre face à cette poussée des prix de l’essence, qui se caractérise notamment par une batterie de 4.000 contrôles mensuels effectués par leurs services, 200 infractions et l’envoi de deux « injonctions » à chaque distributeur épinglé fait toutefois pâle figure au regard des dispositions prises par de nombreux voisins européens.

La ministre de l’Economie a, pour sa part, rappelé quelques règles de conduite, parmi lesquels « faire très attention à son gonflage de pneus », ou bien encore « éviter de conduire de manière un peu saccadée ». L’idée d’un tarif social des carburants a toutefois été exclue par le gouvernement.

Différentes initiatives gouvernementales

En Espagne, les autorités tentent d’influer sur la consommation des ménages pour faire face à  ce problème : les billets de train coûtent 5% de moins qu’auparavant, la vitesse maximale sur les autoroutes a été réduite, tandis qu’un subventionnement des changements de pneus vers des modèles plus adaptés vient d’être instauré.

En Belgique, une partie de la TVA sera rétrocédée afin de contenir la hausse des prix, tandis qu’au Royaume-Uni, les taxes seront abaissées. Cette mesure, à contre-courant du plan d’austérité auquel le pays est soumis, coûtera l’équivalent de 2,2 milliards d’euros. Le parlement allemand réfléchit pour sa part à un encadrement de l’accroissement des prix de l’essence.

Les ménages français continuent néanmoins de rouler, les conséquences de la hausse des cours et des prix constatés en 2008, tels une hausse de la fréquentation des transports en commun, n’étant pas encore vérifiés depuis le début de l’année. En février, les livraisons de carburants étaient même en hausse de 0,4% sur un an : leur utilisation constitue en premier lieu une nécessité.

Les transporteurs routiers, les agriculteurs ou bien encore les pêcheurs tentent, par le biais de leurs organisations professionnelles respectives, de s’organiser face à cette situation qui pourrait être amenée à durer.

Publié dansPolitique éco