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Bourse: misez sur le potentiel des pays émergents

Les pays émergents constituent les moteurs de la reprise économique.

Entre 2003 et 2009, les chiffres d’affaires des entreprises cotées en Bourse se sont appréciés en moyenne de 11 % par an dans les pays émergents, tandis que cette hausse se limitait à 5 % dans les économies développées. Ces données constituent l’un des éléments qui justifient l’engouement actuels pour les places boursières des pays à forte croissance, moteurs de la reprise économique mondiale. Le quatuor des BRIC – Brésil, Russie, Inde, Chine – tire notamment les ficelles d’un rebond de l’activité et de la consommation.

L’Asie, l’Amérique latine, l’Europe de l’Est et le Moyen-Orient sont aujourd’hui aux avant-postes d’une économie dont le salut passera par le développement de pays qui aspirent à prendre une part toujours plus importante dans les échanges internationaux. Les prévisions de croissance des « Bric » contrastent avec la timidité des chiffres que l’on connaît dans les pays occidentaux. La Russie devrait se contenter de 1,5 % de croissance, un chiffre à mettre en regard avec la chute de 7,5 % ressentie en 2009. Pour le Brésil, passage d’un recul de 0,7 % à une hausse de 3,5 %. En Asie, c’est l’envolée: +5,4 % en 2009 et + 6,4 % en 2010… En Chine, l’accroissement de 8,5 % du produit intérieur brut de l’année en cours devrait être suivie par une envolée de 9 % l’an prochain.

Signe du dynamisme de ces pays, leur stature et leur rôle tend à s’affirmer. Rio de Janeiro accueillera les jeux Olympiques en 2016. Une ligne TGV Rio-Sao Paulo est en projet. Les pays émergents représentent 60 % des achats de produits alimentaires et 70 % des achats de métaux au niveau mondial. Le mouvement d’externalisation des services informatiques vers l’Inde a été amplifié par la crise. Ces pays détiennent les trois quarts des réserves mondiales de devises. Autant d’affirmations qui, si elles méritent d’être tempérées, attirent les regards des investisseurs.

Une sélection de valeurs peut permettre à l’épargnant français de jouer la carte des économies émergentes sans pour autant s’orienter vers les marchés étrangers:

  • Vallourec, le leader mondial des tubes sans soudure, tire 35 % de son chiffre d’affaires des pays émergents. L’entreprise s’installe auprès de ses clients pour équiper des puits de gaz et de pétrole: cette stratégie la conduit à s’implanter au Brésil, un nouveau défi en complément de l’Angola et de la Russie. La parapétrolière Technip constitue aussi, dans ce domaine, une valeur de choix: 90 % de son chiffre d’affaires provient des économies émergentes !
  • Les besoins des pays émergents en ciment ont de fortes chances d’être comblés par Lafarge, qui a acquis au début 2008 l’égyptien Orascom Cement. Les difficultés rencontrées en Europe sont contre-balancées par le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie, trois régions où les performances s’avèrent excellentes. 53 % du chiffre d’affaires émane des pays émergents.
  • Carrefour a pour sa part tenu à démentir les rumeurs persistantes de retrait des pays émergents. Si le distributeur solde son aventure russe, ce n’est pas pour délaisser le Brésil, la Chine ou l’Argentine où il possède de solides positions. Valeur « rassurante » du fait de sa notoriété, Carrefour inaugure deux hypermarchés par mois dans l’Empire du Milieu. 20 % de son chiffre d’affaires est étiqueté « émergent ».
  • Enfin, avec 48 % de commandes en plus enregistrées en l’espace d’un an en Afrique et au Moyen-Orient, Alstom peut se targuer d’avoir trouvé le bon filon. La modernisation métro de Brasilia constitue le prochain gros chantier d’un groupe dont 32 % du chiffre d’affaires est en provenance des pays émergents.

A noter par ailleurs que soixante-deux nouvelles entreprises chinoises ont fait leur entrée en Bourse entre juillet et septembre: une performance difficilement égalable.

Part du chiffre d’affaires au titre de l’exercice 2008, à l’exception d’Alstom (exercice au 31 mars) et de Lafarge (premier semestre 2009).

Publié dansEconomieMarchés et finance