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«Un bon DJ est un entrepreneur qui sait s’adresser à son public»

Mis à jour le 9 octobre 2016

DJ depuis douze ans, Victoric Leroy souligne que le métier a évolué avec l’essor d’Internet, et rappelle que des qualités d’entrepreneur sont essentielles pour l’exercer.

«J’ai modifié la signification de DJ de Disc Jockey à celle de Donner de la joie», s’enthousiasme Victoric Leroy. Diplômé d’un master en économie et marketing, ce DJ breton, qui officie derrière les platines depuis douze ans, parcourt les salles et les soirées pour des prestations événementielles ou en discothèque. Dans un entretien accordé à Business & Marchés, il revient sur l’évolution du métier, et rappelle qu’un DJ doit avant tout être un bon entrepreneur.

Comment avez-vous vu évoluer l’univers des DJ ces dernières années?

Le métier de DJ évolue chaque jour, il y a 12 ans, à mes débuts la manière de « faire son trou » était bien différente de celle aujourd’hui. A l’époque, Google ne proposait pas 9 millions de solutions en 2,6 secondes. Itunes non plus ni aucun des revendeurs connectés. L’explosion du Web et la mise à disposition au tout à chacun à des morceaux inconnus ont tout changé. Le métier de DJ est alors devenu accessible à tous, avec le mirage de magie qu’il englobe. Une crise sans précédent dans le métier, non reconnu en tant que tel, avec la « ruée vers la gloire » de nombreux DJ débutants, qui vendaient leurs prestations à très bas prix. Nombre de très bons DJ se sont peu à peu retirés de la profession.

Comment peut-on faire un lien entre l’activité d’un DJ et celle d’un chef d’entreprise?

Etre DJ nécessite de se muer rapidement en entrepreneur, avec le «branding» de son propre nom et sa propre image, sans compter le fait qu’aujourd’hui la plus part des DJ sont devenus auto-entrepreneurs, un statut plus simple que celui d’intermittent. Il est important d’aiguiser sa curiosité dans ce métier. Il faut savoir être comptable, manutentionnaire, technicien son, technicien lumière, acousticien, producteur, spécialiste des réseaux sociaux, directeur artistique, styliste musical, compositeur et, évidemment… DJ.

Quelles sont les qualités nécessaires à un DJ en 2016?

La qualité principale dans ce métier est la générosité! Bien évidemment, la maîtrise de nombreuses techniques devient indispensable afin de réussir dans le métier de DJ, cela, non pas dans le but de se différencier, mais d’identifier votre travail avec votre vision de la musique faisant muter le DJ à celui d’artiste-interprète à part entière. De nombreux moyens vous permettront de perfectionner ces techniques, que ce soit chez vous seul ou bien en passant par les écoles spécialisées.

Comment s’adapter aux demandes des différents clients?

Pour pouvoir satisfaire le public, qu’il soit de discothèque, de restaurant, de bar, d’évènementiel privé comme public, il faut pouvoir comprendre et identifier le besoin de chacun. Il faut avoir conscience que le DJ est souvent la conclusion d’un événement, sans oublier le fait qu’il n’est qu’un engrenage de plus dans la montre et que par conséquence il n’est pas plus important que le technicien lumière, l’hôtesse d’accueil… Il est important de bien structurer son métier, étant artiste. Il faut bien identifier les besoins du client et les outils nécessaires (matériel, prestation, technique de mix adaptée, playlist). Discret parfois, extraverti d’autres fois, enthousiaste de temps à autre, réservé aussi, le DJ doit être un véritable caméléon.

L’international est-il indispensable à la carrière d’un DJ?

L’international n’est clairement pas à une étape indispensable afin de réussir le métier de DJ. Cependant, il est clair que « l’herbe étant toujours plus verte chez son voisin », le fait de venir d’un autre pays aide à se faire connaître! J’ai décidé de réduire mes prestations à l’étranger, le rythme étant déjà difficile à suivre (trajets, manque de sommeil…)

Publié dansEconomieEntreprisesServices