Dans le 11ème arrondissement de Paris, Le Cornichon a fait évoluer son menu, sans renier son ADN de brasserie de ville. Comptoir vivant, cuisine rassurante, décor rétro et cocktails classiques revisités : une adresse pensée comme une vraie destination, malgré quelques réglages encore à opérer.
Depuis l’automne 2025, Le Cornichon a fait évoluer son menu. Ce restaurant ouvert tout au long de la journée, dans le 11ème arrondissement de Paris, entend cultiver son parti-pris de brasserie de ville, avec son comptoir, où sont bien entendu servis des cafés mais aussi des cocktails classiques revisités, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Bloody Mary
Le bloody mary (vodka, boisson épicée Clamato, piment, raifort) présente un nez cuisiné, autour de la tomate, en conformité avec le style, avant d’être franc et intransigeant en bouche. L’old fashioned (bourbon, pommard, cordial de thé glacé, absinthe) nous a pour sa part conduit à retourner sur nos pas pour le déguster, une fois le repas terminé… La robe pomme verte intrigue. Au nez, l’absinthe prend le dessus, mêlée à des arômes acidulés. En bouche, la pomme et la poire facilitent la découverte du cocktail, avant que le bourbon ne prenne le relais dans un deuxième temps. Neuf cocktails sont proposés au prix de 11 euros.
Pis, on peut acheter des tickets de jeux à gratter FDJ, avant de passer à table. “L’offre évolue au fil des saisons et selon le rythme de l’approvisionnement avec les fermes avec lesquelles nous travaillons. Ensuite, nous essayons de structurer l’offre autour de deux carte d’été et d’hiver, tout en réalisant de petits ajustements tout au long de l’année afin de rester au plus proche de la production réelle de nos producteurs”, expliquent Bertrand Chauveau et Paul Henri, les fondateurs de l’établissement. Le premier était chef cuisinier; le second travaillait dans l’immobilier.
Le temps d’un déjeuner au Cornichon
70 places sont installées en intérieur dans la salle agencée par l’équipe de Claves, qui a pensé un décor proche des troquets de quartier. Une ambiance résolument rétro, où l’on retrouve un semainier lors des services de la mi-journée. Salade de champignons, petit-salé aux lentilles, steak haché purée, ou bien bœuf bourguignon et polenta se succèdent du lundi au vendredi, de 19 à 22 euros hors boissons. Le soir, Le Cornichon succombe – hélas – à la mode des assiettes à partager (de 8 à 18 euros).
Le week-end, place à une cuisine rassurante à la mi-journée, avec une entrée composée de crevettes cocktails ou d’une salade. On adore le côté riche de cette seconde proposition (optionnelle) avec, en plus des endives, le fromage qui apporte singulièrement de l’onctuosité et relève l’ensemble. Il y a un côté très hivernal. L’apport de l’oeuf mollet est aussi une bonne idée.

Poulet rôti

Mousseline de butternut

Surtout, dans ce menu à 35 euros pour deux personnes, un demi-poulet rôti et sa mousseline de butternut sont servis. On regrettera que le poulet n’arrive pas découpé. La quantité est très généreuse (à deux, difficile de le terminer) et, en sus, impossible de ne pas évoquer le jus qui accompagne le poulet. Très réussi, tout comme les frites, parfaitement cuites, mais un poil trop salées et proposées en sus (8 euros !) Dans ce “café de quartier contemporain” qu’est Le Cornichon, le bruit est aussi persistant. Mais les attentions portées à l’offre food & beverages méritent bien qu’on y fasse le détour.
2 rue des Goncourt, 75011 Paris
