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Les professionnels du funéraire s’adaptent à la crise

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Des entreprises proposent des offres d’obsèques low-cost et bousculent un marché ayant de belles perspectives devant lui.

Le secteur du funéraire n’est pas exempt de coups marketing. En témoigne le lancement au début de l’été d’une nouvelle offre low-cost par les Services funéraires de la Ville de Paris, crées en 1998 sous la forme d’une société d’économie mixte. Baptisée Révolution-obsèques.fr, elle propose exclusivement en ligne une prestation au tarif « imbattable » de 789 euros, auquel doivent se rajouter divers frais supplémentaires.

Depuis la libéralisation du secteur en 1993, de nombreux acteurs privés se sont emparés de ce marché. La hausse des prix qui s’en est suivie a bénéficié à de nombreuses entreprises, dont certaines d’entre elles capitalisent sur l’argument du prix pour se démarquer. « Parce que la vie est déjà assez chère », clame ainsi le slogan de Roc-Eclerc, le principal réseau de franchisés, aux mains du fonds d’investissement Argos Soditic jusqu’à l’été dernier. Son concurrent Astorg Partners détient pour sa part, depuis 2007, le numéro un du secteur, OGF (à l’enseigne commerciale Pompes funèbres générales).

Le nouveau produit des Services funéraires de la Ville de Paris, destiné à un public à l’aise avec l’usage d’Internet, proposé dans une optique d’anonymat, et assumant son volet financier (le coût d’obsèques dépasse en moyenne les 3.000 euros), s’inscrit dans une tendance de fond. Le Choix funéraire a ainsi lancé la marque Eco Plus funéraire, elle aussi résolument discount. Dans un contexte de crise, l’entreprise entend répondre à « l’équation impossible » représentée par la précarité, la paupérisation et la prévoyance.

Une démarche industrialisée est mise en œuvre, les économies d’échelle et le poids, en termes d’achats, représentés par l’appartenance au second opérateur national en termes de parts de marché devant permettre de conforter cette nouvelle gamme : il s’agit de « produire moins cher tout en répondant aux exigences qualitatives du consommateur », ce discours décomplexé s’assimilant à celui en vigueur dans l’univers de la grande consommation par exemple.

Parallèlement à ce développement d’offres à prix bas, les services funéraires, liés à la commercialisation, l’accueil des familles et les cérémonies se professionnalisent. Plus de 20.000 salariés travaillent au sein de 2.500 entreprises, la qualification et l’évolution des personnels étant au cœur de la démarche menée par les fédérations du secteur. Depuis 2000, des Certificats de qualification professionnelle en conseil funéraire et en techniques funéraires sont ainsi proposés aux candidats.

Face à un environnement concurrentiel « plus rude et plus sélectif », une approche plus mercatique du secteur est en marche, le contexte économique actuel contribuant à l’exacerber.

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A propos de l'auteur
Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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