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Pétrole: quel prix d'équilibre ?

Les cours du pétrole peinent à satifsaire les producteurs.

« Nous avons toujours dit que notre objectif c’est un baril entre 70 et 90 dollars. Si le baril n’atteint pas ce niveau il y aura probablement une autre réduction. Mais il faut un consensus entre douze membres. Et chacun à des intérêts. On peut toujours discuter d’une autre baisse, mais est-ce qu’il y aura un consensus, je ne peux pas le dire maintenant« , a expliqué le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Chakib Khelil. Le ministre algérien de l’Energie a fait part ce week-end de ses doutes quant à la réelle détermination des membres de son cartel à envisager une nouvelle baisse de la production.

La précédente mesure de ce type, fin octobre, n’a pas eu d’effets significatifs sur les cours du pétrole, qui continuent à pâtir des incertitudes quant à la consommation mondiale: son ralentissement est aujourd’hui une certitude, mais la durée de la crise et son ampleur laissent encore perplexes les investisseurs. « La baisse des prix à partir du mois de juillet s’est déroulée dans un contexte de surabondance de l’offre (…). En même temps, la crise financière a forcé les investisseurs à trouver des liquidités en vendant« , ajoutait samedi dans La Tribune le PDG de Total, Christophe de Margerie.

Selon des chiffres avancés par le quotidien, l’Opep, qui contrôle 43 % de la production mondiale, aurait intérêt à à agir en faveur d’une remontée des cours: pour les producteurs, le prix d’équilibre se situe à 80 dollars le baril. Un rebond des cours du pétrole agirait également comme un coup de pouce pour les compagnies pétrolières, soucieuses non-seulement de la rentabilité de leurs installations actuelles mais aussi de trouver de nouveaux gisements. Le cours du brut a reculé de 54 % entre juin et octobre, ce qui compromet la pérennité de certains projets.

Les Etats sont aussi concernés par la nécessité d’atteindre un prix satisfaisant leurs intérêts sans pour autant susciter un trop fort recul de la consommation. « Avec un baril au-dessous des 70 dollars, les comptes de la balance des paiements ne s’équilibrent pas » pour le Venezuela, selon l’ancien directeur de sa banque centrale, dont les propos sont rapportés par l’AFP. Le programme d’investissements publics en Algérie a été construit sur la base d’un baril à 56 dollars, tandis que l’Iran aurait besoin d’un baril à 90 dollars afin d’équilibrer son budget, selon Le Monde. Pour l’Irak, engagé dans un vaste programme de reconstruction, c’est un baril à 110 dollars qui serait nécessaire.

La chute des cours du pétrole enregistrée depuis l’été soulage toutefois les économies occidentales: ainsi, « si le pétrole se stabilise sur les niveaux actuels, les Etats-Unis peuvent espérer un allègement de leur facture pétrolière d’environ 260 milliards de dollars annuels« , indique à L’Expansion François Chevallier, analyste chez VP Finance.

Publié dansEconomie