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La jachère suspendue pour un an

Conformément à ce qui avait été annoncé durant l’été, les ministres européens en charge de l’Agriculture ont supprimé hier, pour une durée d’un an, l’obligation de mise en jachère des terres céréalières, afin de permettre aux producteurs de répondre de manière plus favorable à la demande. Par ce moyen, Bruxelles tente de faire face à la flambée des prix, qui se répercute auprès des consommateurs. « Ce changement vise à répondre à la situation de plus en plus tendue sur le marché des céréales. Il devrait permettre d’augmenter la récolte de céréales de l’année prochaine de 10 millions de tonnes au moins« , indique la Commission européenne dans un communiqué. Ce système, introduit en 1998, a pour objet de limiter les risques de surproduction. A noter que cela correspond au volume de céréales importé par l’Europe l’an dernier.

Une autre mesure est à l’étude pour tenter de ralentir la flambée des prix est évoquée ce matin par Le Figaro, à savoir la suspension des droits de douane sur les importations de céréales, débutant rétroactivement au 30 juin 2007 et courant jusqu’en juillet 2008. Ces droits s’élèvent à 93 euros la tonne d’orge et à 95 euros la tonne de blé tendre de moyenne et de basse qualité. La Commission tente par ce moyen de répondre aux problèmes d’approvisionnement des céréales. Michel Barnier, ministre français de l’Agriculture, fait part de ses réserves dans un entretien accordé au quotidien.  » J’ai fait observer que les contingents d’importation à droit de douane nulle ne sont, à ce jour, pas atteints. Ce n’est donc pas seulement un problème d’importation mais d’abord de disponibilité de la matière première agricole. J’ai souligné également que l’expérience prouve que, même si cette décision est temporaire, il sera très difficile de remettre des barrières douanières une fois qu’on les aura retirées« , explique-t-il. Le blé dur et le blé tendre de haute qualité sont exonérés de droits de douane. En ce qui concerne le maïs, les droits se limitent à 1,93 euro la tonne, mais l’Europe reste réticente à l’importation de maïs OGM.

Le prix mondial du maïs a progressé de 85% entre 2005 et 2006, et celui du blé de 60% depuis l’an dernier. Le prix du lait payé par les industriels aux producteurs a pour sa part augmenté de 20% durant le troisième trimestre de 207, par rapport à la même période en 2006. En cause, l’insuffisance de la collecte pour le lait (la France n’arrive pas à atteindre le maximum du quota qui lui a été accordé jusqu’en 2015), et une récolte européenne jugée décevante pour le blé. En 2006, elle s’est élevée à 266 millions de tonnes. Trop de pluie en Europe occidentale et une canicule en Europe centrale vont plomber la récolte de cette année.

Publié dansEconomie