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Le brasseur belgo-brésilien InBev repart à l'offensive

3,4 milliards de dollars de résultat net en 2007, des marques aussi prestigieuses les unes que les autres (Jupiler, Stella Artois, Hoegaarden, Leffe…), mais une répartition des ventes focalisée sur l’Amérique Latine et l’Europe: il manquait un élément au brasseur belgo-brésilien InBev pour conforter son titre de numéro un mondial. Avec la potentielle acquisition d’Anheuser-Busch, quatrième brasseur mondial et très bien implanté aux Etats-Unis (67% des ventes en volume), le puzzle serait complet.

InBev a proposé mercredi à Anheuser-Busch (Budweiser, Bud Light…) de le racheter pour 46 milliards de dollars, soit 26 milliards d’euros. Afin de mettre toutes les chances de son côté, InBev compte offrir une prime de 11,5% sur le cours de Bourse, et s’est engagé auprès de la famille Busch d’implanter le siège nord-américain du futur ensemble à Saint Louis, fief des Busch, de ne fermer aucune unité de production, et de tenir compte des racines d’Anheuser-Busch dans le nom du groupe.

Cette spectaculaire OPA hostile ne semble pas effrayer InBev. Difficile d’imaginer que le groupe présidé par Carlos Brito n’était, il y a encore une vingtaine d’années, une simple brasserie belge, l’Artois. En 1987, Piedboeuf, basé à Jupille (Belgique) et Artois fusionnent pour donner naissance à Interbrew. En 2004, les choses s’accélèrent avec la fusion entre Interbrew et le brésilien AmBev, par le biais d’une augmentation de capital d’Interbrew de 8 milliards d’euros. Aujourd’hui, l’objectif pour InBev est de se renforcer sur le marché nord-américain, où il ne réalise que 4,6% de ses ventes en volume.

Cette course au gigantisme semble être de mise parmi les brasseurs: quatre groupes contrôlent 80% du marché mondial. « Tous les rapprochements entre brasseurs créent des groupes d’une taille en dessous de laquelle il ne sera plus possible d’intervenir sur le marché mondial, faute de disposer des atouts concurrentiels« , explique aux Echos Jean Hansmaennel, directeur de la communication de Kronenbourg. En 2007, le marché mondial a crû de 5%; et la hausse prévue en Asie s’élève à 51% d’ici à 2012 ! En Amérique Latine, terrain de jeu favori d’InBev (48,6% de ses ventes en volume), la hausse de la consommation devrait être de 25,6% sur cinq ans, selon Les Echos. En plus de se renforcer à l’échelle régionale, les groupes tentent de faire face à la hausse des matières premières agricoles.

Face à cette OPA hostile, Anheuser-Busch tenterait de prendre le contrôle du mexicain Grupo Modelo, dans le but de compliquer la tâche d’InBev (selon le quotidien belge L’Echo, le surcoût pour le géant belgo-brésilien s’élèverait de 10 à 15 milliards de dollars). L’entreprise devra cependant convaincre ses actionnaires du bienfondé de l’opération, et de faire une croix sur les 65 dollars par action promis par InBev.

Publié dansEconomieEntreprises