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Deux points de vue différents face à l'attitude de Jérôme Kerviel

Générale

En garde à vue depuis samedi midi, Jérôme Kerviel est entendu par la brigade financière dans le cadre de la perte de 5 milliards d’€uros par la Société générale, son ex-employeur. Le trader aurait employé une double comptabilité pendant l’exercice de ses méfaits, selon la banque. « Pour l’instant, il a accepté de s’expliquer sur les faits qui ont été dénoncés par la plainte de la Société générale, il s’explique de manière très intéressante. Ca progresse bien et dans de bonnes conditions« , a déclaré Jean-Michel Aldebert, de la section financière du parquet.

Selon la Société générale, une mise de l’ordre de 50 milliards d’euros est à l’origine des pertes entregistrées par l’établissement bancaire. « Le trader a introduit au sein du portefeuille B des opérations fictives, afin de laisser croire que ce portefeuille venait bien compenser le portefeuille A qu’il avait acheté, alors qu’il n’en était rien. Les opérations fictives étaient enregistrées dans les systèmes de Société Générale mais ne correspondaient à aucune réalité économique« , est-il indiqué afin d’expliquer comment l’employé a déjoué les systèmes de contrôle. Les avocats de Jérôme Kerviel ont tenu à indiquer que leur client « n’a commis aucune malhonnêteté, n’a pas détourné un seul centime, n’a profité d’aucune manière des biens de la banque« . Ils accusent la Société Générale d’avoir souhaité « élever un écran de fumée qui détournerait l’attention du public de pertes beaucoup plus substantielles provoquées par l’invraisemblable équipée des subprimes ».

Les produits dérivés au centre de l’affaire

Jérôme Kerviel travaillait sur les produits dérivés. Un produit dérivé est un contrat dont la valeur provient du prix d’autre chose, en général des « investissements au comptant », tels que actions, obligations, instruments monétaires, ou matières premières. Le produit dérivé d’une action, par exemple, peut donner le droit d’acheter une action à un prix fixé jusqu’à une date donnée. Dans ces conditions, la valeur de ce droit est directement liée au prix de l’action « sous-jacente ». Si le prix de l’obligation monte, alors le droit d’acheter à un prix fixe devient plus intéressant; si elle baisse, le droit d’acheter à un prix fixe devient moins intéressant. En liquidant une partie des positions prise par l’ex-employé lundi, au moment où les Bourses mondiales dégringolaient, la Société générale a de ce fait engrangé d’importantes pertes.

L’impôt sur les sociétés payé par la Société générale va faire l’objet d’un remboursement partiel de la part de l’Etat, correspondant au trop versé; en effet, les pertes enregistrées par l’établissement bancaire vont influer sur ses bénéfices imposables.

Publié dansEconomieMarchés et finance