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Bourse: quel crédit accorder aux rumeurs?

Les rumeurs font le quotidien des marchés, se heurtant aux informations institutionnelles, émanant des dirigeants. La moindre information, qu’elle soit avérée ou non, peut conduire le cours d’une action à s’envoler ou au contraire à enregistrer une forte dépréciation au cours d’une même séance. 70% des rumeurs actuelles portent sur des OPA, dans un contexte où les fusions-acquisitions battent des records. Le montant des fusions-acquisitions a progressé de 51% au premier semestre 2007 dans le monde, soit 2.073 milliards d’euros. 

Un rapport du sénateur Philippe Marini publié à l’été dernier distingue vingt-quatre sociétés françaises jugées opéables, parmi lesquelles Vivendi, Acor, Société générale ou Rhodia. Les rumeurs concernent aussi de potentiels LBO. Une acquisition par endettement, le leverage buy-out, consiste à racheter une entreprise en s’appuyant sur un effet de levier financier, c’est-à-dire en faisant appel à des organismes spécialisés qui financent cette reprise par de l’endettement. On parle aussi de rachat par effet de levier. Les rumeurs d’alerte sur les résultats (profit warning) sont quant à elles rares lorsque les entreprises vont bien, mais elles ressurgiront si la conjoncture se retourne.

« Il y a au moins deux à trois rumeurs par jour à la Bourse de Paris, qui peuvent expliquer jusqu’à 20 % des 7 à 8 milliards échangés en moyenne par jour« , expliquait pour sa part un opérateur à La vie financière. Pour parer à ces bruits, l’AMF a mis en place en septembre 2006 un nouveau dispositif relatif à la communication financière. Echaudé par les rumeurs persistantes d’un intérêt de PepsiCo pour Danone, le régulateur a pris ses dispositions: une entreprise qui prépare une opération financière doit la révêler dès que le projet est formalisé. En cas de fuites, elle doit en informer l’AMF, qui élabore alors un calendrier d’information du public et de lancement de l’offre. Si l’entreprise déclare ne pas envisager d’offre, elle ne pourra pas, sauf dans quelques cas particuliers, revenir sur sa décision avant six mois.

Publié dansEconomieMarchés et finance