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Tourisme : un été à hauts risques

Confrontés à la crise, les professionnels du tourisme subissent également les affres de la pluie, selon leur position géographique.

Tourisme : les enjeux de l’été (1/3). L’été s’annonce difficile pour les acteurs du tourisme. En témoigne le plan social en cours chez Fram, le premier de son histoire. 67 postes doivent être supprimés, provoquant l’émoi dans une entreprise qui a pourtant cultivé, depuis sa création, l’avant-gardisme et l’originalité. Sa perte nette se chiffre, pour 2011, à 23,48 millions d’euros.

Chez TUI France, où 484 suppressions de postes doivent avoir lieu, 515 personnes se seraient portées candidates au départ volontaire. L’objectif du plan « Convergences » est de renouer avec la rentabilité d’ici trois ans, en remettant notamment à flot Nouvelles Frontières, en déficit chronique. « On s’est adapté aux crises mais l’espoir de croissance entrevu en 2011 ne s’est pas transformé. 2012, c’est l’année du couperet », explique à l’AFP le président du Cercle d’études des tour-opérateurs, l’association professionnelle du secteur, René-Marc Chikli.

Pour la ministre du Tourisme Sylvia Pinel, il conviendra d’être vigilant quant à « l’émergence d’une fracture touristique entre ceux qui ont les moyens de partir et ceux qui ne les ont pas ». 46% des Français sont dans ce dernier cas. Ceux qui partent posent en revanche bien des soucis aux tour-opérateurs : avec l’essor d’Internet, de plus en plus de vacanciers agrègent eux-mêmes toutes les composantes de leur séjour, qu’il s’agisse du transport, de l’hébergement ou des activités. Selon le cabinet Raffour Interactif, 58% des Français partis en vacances en 2011 avaient préparé leurs vacances sur la Toile.

Des conséquences de la pluie

A l’instar de l’été dernier, où le temps du mois de juillet s’était avéré particulièrement mauvais, la météo de ces dernières semaines donne des sueurs froides aux professionnels. « Les professionnels ne m’ont pas sollicitée pour réclamer un fonds de sauvegarde pour compenser les aléas météo », a rappelé Sylvia Pinel lors d’une visite ce vendredi à Saint-Malo. Conséquence directe d’une météo-sensibilité exacerbée, les réservations de dernière minute se multiplient, pénalisant la visibilité sur l’activité de la saison en cours.

La Grèce, la Tunisie et l’Egypte ont retrouvé les faveurs des touristes, malgré des contextes économiques et géopolitiques difficiles. L’attrait du soleil joue également en faveur de la Côte d’Azur, où les hébergements vacants ont trouvé preneurs au cours des dernières semaines. « Il y a encore un mois, il pouvait rester 20 à 30 chambres dans nos hôtels clubs de la côte d’Azur. Là, tout est complet jusqu’au 15 août », témoigne, dans le Journal du Dimanche, un représentant de Vacanciel.

En dépit de ces conditions climatiques particulières, l’été demeure une saison « test » pour de nombreuses organisations. La conférence des évêques de France vient ainsi de mettre en exergue les atouts de cette période pour l’Eglise catholique, à travers les efforts faits en matière d’accueil et de découverte des bâtiments. Dans le Béarn, des collectivités territoriales unissent leurs forces pour être davantage visibles à l’international. La Chambre de commerce de Marseille espère pour sa part rendre la vie plus belle à des hôtes particuliers… des « touristes médicaux ». Malgré la crise, les initiatives ne manquent donc pas.

Publié dansEntreprisesServices