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Plaidoyer pour la simplification administrative chez les micro-entrepreneurs

Pascal Ferron, DG du cabinet d’audit et d’expertise comptable Fimeco Walter France, revient sur les difficultés administratives rencontrées par les micro-entrepreneurs.

« Chaque fois que j’ai eu l’occasion de côtoyer certains micro-entrepreneurs, j’ai été frappé par le fait qu’ils aimaient bien faire leur travail, que c’était souvent une passion, issu d’une réelle envie pour la plupart, et donc qu’ils le faisaient bien, mais que devant l’empilage de loi et contraintes qui s’étaient accumulées depuis l’origine du statut d’auto-entrepreneur, on ne peut plus simple, en avait fait un véritable aimant à «phobie administrative». Ils tardent tous à rentrer les données pourtant indispensables, jusqu’à la dernière minute. Ils savent qu’il faut le faire mais repoussent au lendemain.

Il y en a une multitude. Ils se lancent parce qu’on leur a dit que c’était simple et que c’est ce qu’ils veulent : que ce soit simple et rapide. Si les chefs d’entreprise étaient des administratifs, ils seraient directeurs administratifs ! Mais progressivement, ils ne trouvent pas sur internet, leur outil de recherche privilégié, les informations complètes et surtout exhaustives dont ils ont besoin. Bien que l’administration et surtout les sites de l’Urssaf et ceux de Bercy aient été considérablement améliorés sur ces points depuis quelque temps, pour y avoir personnellement surfé, cela ne peut que rester très abscons pour un micro-entrepreneur. Ce qu’il demande c’est qu’on lui mâche le travail, qu’on lui prenne la main pour avancer dans le labyrinthe.

Quelles sont les difficultés que rencontrent aujourd’hui les micro-entrepreneurs?

La première des difficultés est de savoir ce qu’il y a à faire comme démarche, ou pas, selon son statut, micro-entrepreneur et salarié, micro-entrepreneur et étudiant (pour ne pas paraphraser la pub : entrepreneur/étudiant et cosmonaute…), micro-entrepreneur et retraité, etc…, puis de savoir comment s’en dépatouiller, quels sont les paliers, ne serait-ce que si l’activité que l’on veut exercer peut l’être sous le statut auto-entrepreneur. Il y a énormément d’activités règlementées ou spécifiques qui ne sont pas ouvertes à ce statut. Ensuite, s’ils ne veulent pas être en risque, ils devront s’informer et prendre une assurance. Puis ouvrir un compte de banque séparé, professionnel, sur lequel les frais ne sont pas les mêmes.

Je ne parle pas de ceux qui se font rémunérer en chèque emploi service et qui risquent, s’ils ne le font pas correctement, de payer les charges sociales deux fois, de ceux qui peuvent ne pas être suffisamment couverts, de ceux qui ne sauront pas où s’adresser en cas de maladie, de ceux qui risquent d’être poursuivis par un ancien employeur pour concurrence déloyale, de ceux qui vont oublier les dates de déclaration, oublier une partie de ce qu’il y a à déclarer, se faire rattraper par Pôle emploi pour remboursement d’indu d’indemnités, de ceux qui optent pour certains prélèvement forfaitaires alors qu’il pourraient optimiser s’ils avaient eu un conseil au moment de cocher la case, de ceux qui, depuis peu, vont dépasser les seuils relevés et être assujettis à la TVA sans s’en rendre compte, ou encore de ceux dont les frais réels dépassent largement le niveau de marge standard qui a déclenché le calcul savant du taux moyen de charges et auraient donc intérêt à opter pour une autre solution… »

Publié dansEconomieEntreprisesManagement