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Crise: vers plus de flexiblité pour éviter les licenciements

Réduction de salaires, prêt de main-d’oeuvre, chômage partiel: les entreprises jouent la carte de la flexibilité pour réduire leur masse salariale et tenter, dans un premier temps, de sauvegarder l’emploi.

Une requête extrême, symbole des concessions que sont prêtes à demander les entreprises à leurs salariés. En appelant son personnel à travailler gratuitement, la compagnie aérienne British Airways, dont les pertes affichent cette année un niveau record, a franchi un nouveau palier dans la gamme des mesures à disposition des employeurs pour réduire leur masse salariale. Les volontaires, pour l’heure au nombre de 1.000, pourront prendre d’une semaine à un mois de travail non rémunéré ou de congé sans solde, les dirigeants ayant déjà annoncé qu’ils se soumettraient à la mesure en juillet.

L’objectif affiché de l’entreprise est d’éviter les licenciements, à travers une mesure certes délicate mais qui doit contribuer au maintien de l’emploi. En cette période de crise, les grands groupes sont autant touchés que les petites et moyennes entreprises, même si les conséquences s’avèrent différentes. Selon une consultation réalisée par la Confédération générale des PME début juin, 31 % des chefs d’entreprise interrogés s’attendent à un recul de leur chiffre d’affaires cette année, et 14 % estiment la survie de leur firme menacée. Les tensions sur les ventes s’ajoutent aux problèmes liés au financement et ceux, plus récurrents, de trésorerie.

Signe des difficultés traversées par les entreprises, un cycle de négociations consacré à « la gestion sociale des conséquences de la crise économique sur l’emploi » a été lancé le 10 juin dernier avec les partenaires sociaux. Deux nouvelles réunions sont prévues, et devraient être basées sur le chômage partiel, le prêt de salariés (la proposition de loi du député UMP des Yvelines Jean-Frédéric Poisson fait toujours débat), la mobilité au sein des groupes et la sécurisation des parcours professionnels. La spécificité des dispositifs dédiés aux jeunes et aux séniors pourra, dans un second temps, être débattue, tout comme la question des chômeurs en fin de droits.

Un processus de réduction des coûts

Un certain nombre de chefs d’entreprise et managers ont suivi, dans la gestion des conséquences d’un ralentissement ou d’une baisse d’activité, un processus impactant au premier rang le matériel puis les hommes. Les voyages sont soumis à un contrôle plus strict, la première classe étant délaissée au profit de conditions moins confortables et des visio-conférences. Les prestations externes sont passées au crible, tout comme les flottes d’appareils. Dans un second temps, la réduction des avantages en nature a fait office de priorité, pouvant être doublée de réductions de salaires. Enfin, la possibilité d’un plan de licenciements est examinée. Le recours aux managers de transition s’amplifie.

« Si les salaires baissent, les prix baisseront. Pour estimer l’effet global sur la croissance, il faudrait savoir à qui appartient le capital. Car la baisse des salaires a un effet sur les revenus des détenteurs de capital. Eux aussi consomment et épargnent », s’interroge dans L’Usine nouvelle l’économiste Etienne Wasmer, qui pointe du doigt une des limites de cette pratique observée à plusieurs reprises depuis plusieurs mois. Le salaire, élément essentiel du contrat de travail, ne peut faire l’objet d’une diminution sans accord du salarié. Si ce dernier accepte, le recul peut aller jusqu’aux seuils plancher constitué par le Smic ou les minima conventionnels. En cas de refus, l’employeur peut engager une procédure de licenciement économique.

Le recours au chômage partiel constitue également un levier susceptible d’être activé en période de difficultés économiques. Pour le secrétaire général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, « le chômage partiel comme en Suisse protège beaucoup mieux les travailleurs que n’importe quelle mesure protectionniste Il permet de réduire l’activité tout en gardant les employés ». Il s’exprimait récemment au quotidien helvétique Le Temps. En France, 0,7 % du nombre de personnes en emploi au premier trimestre 2009 étaient au chômage partiel, un chiffre en forte augmentation sur l’année. Le patronat a fait part de sa volonté d’un assouplissement du dispositif : en cette période de crise, la flexibilité semble constituer le maitre-mot.

Publié dansEconomieEntreprises

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