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Comment les professionnels du tourisme s’adaptent à la crise

Le renforcement de la qualité d’accueil et une attention portée aux développements numériques sont au menu des initiatives en vogue.

« Do you speak touriste ? » Derrière cette question formulée en franglais se cachent la Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France et le Comité régional du tourisme qui souhaitent améliorer l’accueil des visiteurs étrangers dans la région capitale… et ainsi espérer capitaliser sur cette manne : 33 millions de personnes en 2011 et 51,6 % des nuitées ! Un site internet ainsi qu’un guide accompagnent cette action menée auprès des commerçants, hôteliers, restaurateurs et taxis dans un premier temps à Paris puis en banlieue.

Si cette opération ne concerne que l’Ile-de-France, elle n’en demeure pas moins un exemple à suivre : nombre de professionnels comptent sur la clientèle internationale pour compenser le recul du nombre de touristes français. Sept français sur dix prendront des congés cet été, mais seuls 48 % d’entre eux partiront en vacances, d’après la dernière vague de l’Observatoire des loisirs des Français réalisé par TNS Sofres pour le PMU. « 30 % des Français disent qu’ils ne partiront pas du tout en vacances cette année et 21 % ne sont pas partis en vacances depuis deux ans et plus », expliquent les auteurs du sondage. A plus large échelle, seuls 54 % des Européens prévoient de partir en vacances cet été.

Pour capter les vacanciers – les foyers avec enfants, les 35-49 ans, les PCS+ et les Franciliens devraient être plus nombreux que la moyenne – priorité est donc donnée à l’optimisation tarifaire. Ainsi, Lastminute.com fait état de fortes croissances sur les séjours de dernière minute vers la Grèce, une destination qui bénéficie de bonnes conditions tarifaires et qui a tiré son épingle du jeu depuis les crises survenues en Egypte et en Tunisie, où la situation tarde à s’améliorer. En France, les réservations sont en retard de 8 % à 10 % dans l’hôtellerie de plein air (campings) sur le mois de juillet, qui s’annonce plus difficile qu’août.

Vers davantage d’informations sur internet

Dans chaque région, le renforcement de l’offre, tant qualitatif que quantitatif, est de mise. Il s’agit par ailleurs d’un moyen pour se différencier. A Castres (Midi-Pyrénées), le renforcement de la qualité de l’accueil est au cœur des préoccupations : « nous sommes dans l’obligation d’élaborer une politique touristique de la commune », explique à La Dépêche du Midi Brigitte Laquais, présidente de l’office du tourisme. Le département de Loir-et-Cher, qui compte doubler les recettes générées par le tourisme en cinq ans, joue pour sa part les synergies avec les autres acteurs pour investir en communication à Paris : il s’agit d’une destination de proximité, un atout dans un contexte de crise.

A Tournus, en Saône-et-Loire, le numérique constitue le nouveau mot d’ordre général. Le site Web et les réseaux sociaux seront davantage mobilisés à l’avenir. A Cognac (Charente), le thème des quatre saisons, plus intemporel, a été retenu pour la refonte de la vitrine en ligne de l’office de tourisme. Une des grandes nouveautés réside dans l’adaptation du site aux appareils mobiles, la tendance dans le secteur : la consultation d’informations sur smartphones et tablettes explose, et permet d’enrichir in situ l’expérience du touriste.

Pour les professionnels du tourisme, un des grands défis à relever au cours des prochains mois sera d’enrayer l’essor du logement chez l’habitant, ou de capitaliser sur d’autres cibles. Le site Airbnb, qui propose des locations saisonnières entre particuliers, est dans le viseur des hôteliers. Les gérants de camping devront pour leur part surveiller un phénomène naissant, le gamping, qui consiste à poser sa toile de tente… dans un jardin.

Publié dansEntreprisesServices