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Comment lutter contre la pêche illégale ?

Autrefois considérées comme illimitées, certaines populations de poissons très appréciées des consommateurs se sont avérées aussi vulnérables à l’exploitation que beaucoup d’espèces terrestres. Le prix de ces thons géants n’a cessé de grimper sous l’effet d’une pêche intensive, dont les prises se réduisent d’année en année. L’effondrement de la pêche à la morue, jadis florissante, dans le nord-ouest de l’océan Atlantique et l’amenuisement sensible d’espèces telles que l’espadon ou le flétan attestent plus encore les dommages causés par une pratique incontrôlée de la pêche. Partout dans le monde, les poissons se font moins nombreux.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture observe ce déclin depuis les années cinquante et estime que la moitié des ressources marines sont exploitées à fond, plus de 15% surexploitées, et près de 15% épuisées ou en train de se remettre d’une pêche trop importante. Le butin typique des pirates des temps modernes, c’est le poisson. Les experts estiment que la pêche illégale représente 20% à 30% des prises pour certaines espèces rentables. Alors que la préservation de la richesse des océans est une préoccupation majeure, ces actes de piraterie sont un véritable fléau, amplifié par l’amélioration des techniques: filets plus résistants, bateaux plus puissants. Aujourd’hui, lutter contre la pêche illégale est nécessaire pour éviter de voir les ressources marines se réduire comme peau de chagrin: les prises dépasseraient de deux à six fois les quotas.

Les dispositifs de localisation par satellite des navires se développent, ainsi les autorités françaises n’hésitent pas à envoyer une patrouille « si un bateau se trouve dans un endroit où il n’a a priori rien à faire » selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) d’Etel, dans le Morbihan. Cette émanation de la Marine nationale centralise l’information pour les mille navires de pêche français et pour les bateaux européens pêchant au large de la France. Depuis 1997, les pratiques de pêche frauduleuses sont regroupées sous le sigle INN (illégale, non reportée et non réglementée). Certains adoptent des pavillons de complaisance, une immatriculation de circonstance permettant de dépendre d’un pays qui n’a pas de réglementation stricte ou ne la fait pas respecter.

Des restrictions par Etat

Le contrôle des navires fait partie des compétences de la France: autour des côtes d’étend une zone de pêche réglementée, dite Zone économique exclusive (ZEE). L’Etat limitrophe doit y faire respecter la loi, tandis qu’en haute mer, les responsabilités se diluent: chaque Etat doit vérifier les agissements des navires battant son pavillon, avec ou non une réelle volonté ou les moyens suffisants.

La pêche INN (illégale, non déclarée et non réglementée) est considérée comme l’un des principaux facteurs mettant la durabilité des pêcheries à rude épreuve. Elle concerne aussi bien les pêcheries artisanales qu’industrielles, les eaux maritimes que les eaux intérieures et les zones sous juridiction nationale comme la haute mer. La FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) suggère à propos de l’ampleur de la pêche INN que dans certaines grandes pêcheries, la part de la pêche INN peut atteindre 30 % des captures totales et dans certains cas, jusqu’à trois fois le niveau de capture autorisé. Les pays du monde entier s’efforcent, isolément et collectivement, de réduire les nuisances causées au milieu marin côtier. Les pays pratiquant la pêche ont accepté provisoirement de créer une zone protégée pour la baleine blanche sur le pourtour de l’Antarctique, où ce mammifère marin, qui a beaucoup souffert de la pollution de l’eau, pourra se réfugier. Des initiatives pour tenter de ménager le patrimoine marin, malgré la pêche illégale, une plaie pour l’environnement.

Publié dansEnvironnement-SantéSociété