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Bière: les clefs pour comprendre la méga-fusion AB InBev/SABMiller

Le rachat de SABMiller par AB InBev se distingue par le montant de la transaction (112 milliards d’euros) et par l’impressionnant panel de marques qu’il réunit. Décryptage.

La transaction est historique: le géant belgo-brésilien AB InBev prévoit le rachat de son pendant britannique,  le grand groupe SABMiller, et s’est mis d’accord sur une somme astronomique après que ce dernier ait été approché tout de même quatre fois avant d’accepter finalement une offre considérable. Et l’ampleur de l’acquisition est conséquente. Selon le cabinet de données financières Dealogic,  c’est seulement la troisième fois dans l’histoire économique qu’une telle acquisition se produit.

« 112 milliards d’euros, c’est le montant de la colossale transaction d’achat de SABMiller par AB InBev, la plaçant dans le top 3 des plus importantes opérations jamais réalisées. Une bière sur trois vendue dans le monde proviendra de ce nouveau géant qui brasse 60 milliards de litres par an. Des cessions de parts seront nécessaires pour éviter une situation de position dominante pouvant être sanctionnée par les autorités » a déclaré Alexandre Baradez, responsable de la stratégie marché chez IG. Cet accord, s’il est validé par les actionnaires des deux groupes et surtout par les autorités des pays concernés, marquera l’émergence d’un monopole invincible sur le marché de la bière.

En effet, ce mariage regroupera des marques aussi célèbres que l’américaine Budweiser, les belges Leffe, Jupiler, Hoegaarden, Stella Artois pour AB InBev avec l’italienne Peroni, la tchèque Pilsner Urquell ainsi que la chinoise Snow sous une même enseigne. Ce mariage fera en sorte qu’une bière mondiale sur trois proviendra de ce seul grand groupe.

« Un vrai brasseur mondial »

SABMiller a unanimement engagé ses actionnaires à soutenir l’offre faite par AB InBev puisque chaque action se verra compensée par un versement de 44 livres sterling en liquide et chacune sera également pourvue de 0,48 action AB InBev, soit un gain de 50% par rapport au cours de clôture de l’action SABMiller à la mi-septembre 2015. Le chiffre d’affaires estimé après acceptation du marché se chiffre également à 64 milliards de dollars, soit un gain plus grand que celui de Coca-Cola et quasi égal à celui d’Unilever ou de Pepsi-Cola.

Afin de contourner les sanctions éventuelles pour monopole, AB InBev devra très probablement se passer de la branche brassicole américaine MillerCoors possédée par SABMiller en revendant 58% des parts, sans doute au concurrent régional Molson Coors. Il en sera également de même pour la collaboration avec China Resources Enterprise qui, possède Snow, une bière chinoise.

Cette alliance gigantesque repositionnera le groupe avec beaucoup plus de puissance sur le marché mondial,  qui est pour le moment en stagnation, faisant de lui « un vrai brasseur mondial » et lui apportant une belle croissance qui lui manquait car, en effet, SABMiller avait une présence prédominante sur le marché d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Centrale et du Sud que ne possédait pas AB InBev. Les deux groupes ensemble brasseront 60 milliards de litres de bières par an, plaçant le néerlandais Heineken bien derrière lui.

AB InBev, toujours plus gros

Le siège de l’action se trouvera à Bruxelles, et SABMiller devrait quitter la bourse de Londres. L’affaire, après écartement des derniers obstacles administratifs, devrait  être conclue pour le second semestre de 2016. AB InBev emploie de par le monde 150.000 personnes, SABMiller de son côté compte 70.000 employés. La restructuration devra être compensée par des économies à hauteur de 1,4 milliard de dollars et ces 4 ans après la reprise de son rival.

Publié dansFocus