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Jouets et jeux vidéo: la contrefaçon en pleine évolution

L’Europe est particulièrement affectée par la contrefaçon de jouets et de jeux vidéo, la numérisation des supports permettant une fabrication plus aisée des produits illicites.

Les nouveaux territoires de la contrefaçon (3/3). Sous ses airs innocents, la mascotte des Teletubbies Tinky Winky est une « tueuse » en puissance. Malgré sa bouille sympathique, la peluche, exposée au Musée de la contrefaçon, recèle en réalité des éléments détachables et inflammables, des pièces non-homologuées et une armature tranchante placée à proximité du visage de son propriétaire. Ce petit « caïd » est le rejeton d’un contrefacteur ayant utilisé Internet pour écouler des marchandises non-conformes, en provenance d’Asie, à l’approche des fêtes de Noel.

L’Europe est particulièrement sensible à la contrefaçon de jouets: elle contribuerait à 12% de ce marché, tandis que le marché mondial du jouet serait touché à hauteur de 7 à 10%. Avec, du point de vue des sigles de qualité, un danger supplémentaire, très pernicieux: le détournement de ces normes. « La Chine a repris le logo CE en lui donnant une nouvelle appellation, China Export », indiquent les Douanes.

Le monde merveilleux des poupées est également visé, avec une « Babie » qui, consonne manquante, pêche également par ses faiblesses qualitatives… Le prix bas des produits incriminés, leur faible solidité, l’orthographe douteuse ou le manque d’apposition des labels doit interpeller les parents, qui doivent notamment veiller au lieu d’achat de ces produits. Que dire des centaines de faux sites Web imitant celui de Mattel ? Peintures au plomb, voire arsenic: difficile de résister au désir des enfants, sauf dans ces cas-là.

Les Pokemon au royaume de l’impression couleur

Le royaume des Pokemon est constellé d’autres types de dangers. Celui de se retrouver face à des circuits imprimés non-conformes au sein des cartouches de jeux ou des consoles y figure, et ce de façon quasi-imperceptible. Même les spécialistes pourraient s’y tromper: les imprimantes couleur ont démocratisé la contrefaçon, les jaquettes étant en conséquence, sur l’aspect visuel, parfaitement reproduites, à quelques détails près, comme la qualité du papier. Pikachu apparaît ainsi légèrement sous une teinte plus orange que pour l’original sur une contrefaçon. Impossible également de distinguer le faux logo Nintendo du vrai, puisqu’il a été repiqué. Des contrefaçons plus artisanales sont toujours de mise, avec une « NDS Lite » qui succède à l’originale Nintendo DS, la console la plus touchée au monde, reconnaissable par ses écrans.

L’industrie du jeu vidéo perdrait chaque année 30% de son chiffre d’affaires suite à l’impact de la contrefaçon, la part de la copie privée étant plus difficilement évaluable que la vente de fausses cartouches de jeux et de consoles. Le très spécifique logo de la PlayStation Portable de Sony (PSP) a notamment été détourné en « Pop Station », avec une apparence résolument similaire à l’originale si ce n’est ce signe aisément identifiable ainsi que quelques grossiers ajouts textuels sur la machine.

Les Douanes françaises estiment que la contrefaçon de jeux vidéo s’est accrue de 205% entre 2008 et 2009, tandis que la marque Nintendo est toujours plus touchée (+ 130% en moyenne d’une année sur l’autre). Un fléau difficile à endiguer, notamment en raison de la dématérialisation de nombreux supports.

Publié dansEntreprisesIndustrie