A Paris, Kinágua est un bar à cocktails à l’identité hybride, où l’esthétique maritime répond à une carte inspirée par les racines portugaises et asiatiques de son fondateur, Frédéric Khouvilay, et de sa femme. L’établissement entend séduire une clientèle curieuse.

Le local long et étroit de la rue Greneta a été redécoré de manière élégante. (Photo : Kinágua)
Dans le 2ème arrondissement de Paris, l’ancien bar Ivy s’est mué en un élégant établissement, toujours à l’entrée discrète et à la configuration alambiquée, avec ses deux salles et son salon en sous-sol. Sur les murs, après un passage tout en miroirs, la mer profonde, les vagues, le voyage. Le haut comptoir a été rhabillé en bois ondulant. La destination du local de la discrète rue Greneta, dans le Sentier, n’a pas changé : un bar à cocktails, doublé d’une solide offre food. Bienvenue au Kinágua, ouvert le 30 septembre par Frédéric Khouvilay et deux associés, Damien et Julien.
Le concept ? Un pont entre deux cultures. “Je suis asiatique, et ma femme est portugaise. Nous souhaitions avoir une approche assez subtile, avec une cuisine raffinée”, précise Frédéric Khouvilay, qui fait largement parler de l’établissement puisque l’entrepreneur âgé de 36 ans a remporté l’édition 2023 de “Koh-Lanta”. Il a précédemment passé douze ans dans l’hôtellerie-restauration, en France, au Canada et en Angleterre, et sept ans comme consultant en ressources humaines. Le projet du Kinágua est mûri depuis deux ans; la recherche du local a pris un an et demi.
Des cocktails de l’apéritif au dessert

Kinágua
Assurément, la carte est bien construite, avec notamment des mocktails, comme un Negroni sans alcool, ainsi que dix cocktails signatures. L’équipe nous guide notamment vers le Kinágua (rhum japonais Kiyomi, liqueur portugaise d’amandes amères Amarguinha, passion, sirop de canneberge, 13cl, 15 euros). Un cocktail proche d’un sour, au nez enveloppant et élégant, sur l’amande et la passion. En bouche, le drink est frais, franc, suave, autour de la passion, derrière une belle mousse. Il est très accessible.

L’Evasion
A l’opposé, puisque le menu est élaboré de manière graduelle, place à L’Évasion (12cl, 18 euros): whisky Port Charlotte 10 ans, thé Oolong, citron jaune, sirop d’érable, Angostura bitters. “Une immersion dans un monde à part, où les saveurs fumées et sucrées s’entrelacent. Servi tiède, ce cocktail est une invitation à l’évasion et vous emmène loin du quotidien”, narre l’équipe. Le cocktail est servi fumé. Au nez, on se rapproche des sensations hivernales d’un grog, avec les francs arômes du whisky et du citron. En bouche, le drink est puissant, boisé, pour un public d’amateurs confirmés, suave et gourmand, et légèrement adouci par le thé.

Matchatini
Spécificité du Kinágua : quatre cocktails desserts, dont une référence sans alcool, sont proposés. Les saveurs : café, matcha, crème anglaise, lait de coco. Place au Matchatini (vodka infusée au matcha, amaretto Disaronno, lait d’amande, crème liquide, sirop d’érable, glace chocolat blanc, 16cl, 18 euros). Elégant avec ses copeaux de chocolat blanc en garnish. On le commence à la cuillère, avec la glace. On mange, puis on sirote le cocktail, très dense, sur la vodka et l’amande. La crème apporte de l’épaisseur. Hélas, on cherche le thé mais, dans un élan de gourmandise, on repasse à la cuillère pour ne pas laisser une miette de chocolat.
Des tapas électiques

Croustillant d’Alheira (petit format)
Côté tapas, le Kinágua fait le grand écart. On teste les croustillants d’Alheira (chair de saucisse portugaise revisitée accompagnée d’une sauce miel-moutarde, 11 euros), très rassasiants avec la saucisse, dans l’esprit de la street food et avec une sauce douce. Les croquettes sardine & sichuan (12 euros) sont, elles, douces, foncièrement portées sur la sardine, façon effiloché, tandis que la pomme de terre soutient l’ensemble. Un plat adapté au partage à l’heure de l’apéritif.

Ceviche de poulpe
Le clou du spectacle : le ceviche de poulpe ! Un plat d’inspiration… végétale, au sein duquel le poulpe passe étonnamment bien, même sans l’apprécier au premier abord. Il y a beaucoup de mâche. Comme pour les cocktails, le prix (18 euros) est toutefois élevé.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

