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Comment cette distillerie artisanale de Haute-Loire vient de lancer son premier whisky

3 min de lecture
Distillerie des Bughes

Lancer son premier whisky constitue souvent la forme d’aboutissement d’un projet de distillerie – son élaboration doit durer au minimum trois ans. Une période au cours de laquelle il convient d’avoir les reins solides, témoigne Béranger Mayoux. A Solignac-sur-Loire (Haute-Loire), il assure avec sa compagne les opérations de la Distillerie des Bughes, connue pour sa marque Home Distillers. Huit alambics sont utilisés. Le whisky (40%) est élaboré avec une base 100% malt d’orge, dans un ancien fût de sherry. 7000 litres ont déjà été produits. Retour sur les conditions de ce lancement.

Une activité qui s’est professionnalisée

“L’entreprise est la première distillerie de whisky de Haute-Loire. Nous ne sommes pas une terre de whisky à la base. La distillerie a été créée en 2014 – nous avons structuré un loisir, avant de lancer réellement l’activité en 2017, année où je me suis lancé à temps plein.. J’étais responsable d’atelier dans la maroquinerie de luxe, tout comme ma compagne. Je me suis lancé, puis elle m’a rejoint en 2019. J’ai eu la chance de travailler pour une grande marque qui fabrique ses sacs de manière artisanale. On en a retiré l’envie de continuer à faire de belles choses de manière artisanale. Etre artisan, c’est faire de la comptabilité, de l’administratif, des envois… Nous avons un distributeur local en Auvergne-Rhône-Alpes et des agents commerciaux. Nous sommes référencés dans 48 départements.”

Le parcours jusqu’au whisky

“Ces trois dernières années, nous avons bien travaillé sur l’élargissement de notre gamme, avec quatre pure malt (tourbé, légèrement tourbé, seigle…) Un gin, un rhum, une vodka, et des liqueurs de plantes ont été lancés avant, cette année, la sortie de notre premier whisky, en édition limitée (1200 bouteilles). Elles sont déjà toutes pré-réservées. Il faudra suivre les retours clients, combien de temps les cavistes vont-ils mettre pour vendre les produits… Nous avons procédé à de la mise en fûts, et nous aurons davantage de production en 2022 – ce sera plus simple de produire à deux. En attendant, nous avons un défi économique à relever. Le défi technique est de pouvoir stocker – c’est du financement. Pendant trois ans, il faut produire sans gagner d’argent. Quand on a une petite entreprise, c’est difficile. Nous avons en premier lieu lancé les autres produits en parallèle. J’ai continué ce que je savais faire.”

Le produit

“Le profil du whisky est légèrement tourbé, avec un fût de sherry oloroso de 500 litres (un alcool assez peu sucré en tant que vin espagnol) : on va aller chercher des notes épicées, poivrées. Trois ans d’âge, donc avec un côté céréalier. Nous sommes sur de l’orge belge, une destination incontournable en petites quantités. Ce n’est pas si simple de s’approvisionner quand on est petits – Malteries du Château est incontournable pour les petits brasseurs et distillateurs. Nous essayons de travailler en local, mais c’est difficile. Au départ, il fallait nous livrer en petites quantités.”

Un intérêt toujours plus fort pour les spiritueux artisanaux

“En Auvergne, il n’y avait qu’une seule distillerie avant nous. Plus le temps passe, plus les gens nous repèrent. Idem pour les cavistes. On se rend compte que beaucoup de gens sont prêts à acheter des spiritueux français et sont prêts à les acheter plus chers, mais nos revendeurs devaient être rassurés. Ils découvrent aussi qu’il y a du whisky dans plusieurs régions. Dans notre bassin, les cavistes (90% de nos ventes) référençaient peu ou prou de whisky français ; aujourd’hui ils en proposent davantage. Les cavistes doivent découvrir, avec les agents, des marques moins connues. Quand on pousse la porte, le caviste a son rôle à jouer pour faire découvrir le whisky français.”

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

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