Aller au contenu

Le big data prend son essor

Croisées, des données collectées en temps réel peuvent permettre d’améliorer la performance des entreprises et des administrations, non sans risques.

Navigation sur internet, formulaires, achats, capteurs embarqués dans des objets ou des revêtements… Les occasions de capter des données se sont multipliées ces dernières années, l’enjeu étant, pour les entreprises, d’être en mesure d’exploiter cette masse d’informations. Ces données, disparates, indexées de manière hétérogène et difficilement exploitables au sein de systèmes classiques, sont regroupées sous le terme « big data », enjeu phare en termes mercatiques et informatiques.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a mis en évidence les apports du big data : selon ses chercheurs, les entreprises s’en étant emparées sont deux fois plus performantes que les autres. Le croisement de différentes données peut notamment permettre un ciblage plus affiné des clients, en leur faisant par exemple parvenir une alerte lorsqu’ils se situent à proximité d’un commerce appartenant à leur thématique favorite.

Les professionnels de l’e-commerce, qui occupent une position privilégiée en matière de collecte de données, sont en première ligne : l’analyse du comportement des internautes peut permettre d’accroître le taux de conversion des visiteurs en acheteurs, qui s’élève en moyenne à 2 % contre 55 % dans le commerce physique. Ces derniers acteurs ne sont pas en reste : les les enseignes peuvent s’appuyer sur les tickets de caisse pour anticiper le succès futur d’un produit ou éviter la rupture de stock d’un produit.

Les administrations peuvent également s’en servir : ainsi, le MIT participe à une expérimentation ayant pour objet de collecter des informations sur les problèmes récurrents rencontrés sur des réseaux routiers au moyen de smartphones et de voitures équipées de capteurs. McKinsey estime que les gouvernements des pays les plus développés d’Europe pourraient économiser 100 milliards d’euros en améliorant par ce moyen leur efficacité opérationnelle, et ce sans compter les économies liées à la réduction de la fraude et des erreurs ainsi que l’accroissement des recettes fiscales. En Italie, un test grandeur nature mené dans la ville de Trente réunit plusieurs acteurs locaux.

L’utilisation des données, principal écueil

Selon une étude commandée par le fournisseur de solutions de gestion documentaire Iron Mountain, 52 % des dirigeants européens conscients que le big data pourrait bénéficier à leur société ignorent la manière par laquelle ils doivent procéder. « Ils ne savent tout simplement pas par où commencer face à ces énormes volumes de données générés aussi rapidement », indique le PDG de la filiale française, Marc Delhaie. Une entreprise européenne sur cinq n’a pas de projet d’exploitation du big data, bien que les applications soient nombreuses.

La question de la sécurité est également cruciale : comment garantir l’intégrité des données, mais aussi les droits d’accès dont celles-ci sont affublées ? Les différentes lois relatives à la constitution de fichiers de données personnelles exigent par ailleurs des adaptations en fonction de chaque application. Les usages malintentionnés du big data sont potentiellement aussi nombreux que les applications vertueuses pouvant en être retirées. IBM propose notamment de masquer les données critiques tout en permettant leur accès sur des terminaux mobiles, particulièrement sensibles.

Publié dansEntreprisesManagement