Installé dans un ancien immeuble de bureaux de La Défense, Zoo Art Show déploie 500 artistes internationaux sur cinq niveaux pour raconter quatre décennies de street art. Une expérience parfois époustouflante, parfois déroutante. En 2026, l’expo joue les prolongations.
À la droite du Cnit, sur le parvis de La Défense (Hauts-de-Seine), un monolithe noir. Un immeuble de bureaux désaffecté, qui a fait son temps, avec ses bureaux individuels en enfilade et ses salles de réunion compartimentées. Un emplacement exceptionnel, au pied des transports et de la Grande Arche. Bienvenue au Zoo Art Show, une exposition temporaire consacrée au street art, qui convoque 500 artistes de 26 nationalités différentes, sur 4000 mètres carrés. Ouverte le 7 juin 2025, elle a été prolongée jusqu’en juin 2026, succès aidant.
Les cinq niveaux entendent raconter l’histoire du street art sur quarante ans. L’expérience est très inégale : au cinquième étage, l’atmosphère est délibérément étouffante. Les fenêtres ont été occultées, on perd ses repères. Tel un labyrinthe, l’étage est quasiment plongé dans le noir, avec des graffitis jusqu’au plafond. On tourne, on cherche de nouvelles pièces. On sent l’odeur de la peinture. Ensuite, la visite se fait plus onirique, sous forme de fresques au quatrième étage (“Street art maze”), et urbaine au troisième étage.
De nombreux artistes… mais peu d’explications


Au total, 14800 mètres carrés ont été remis en lumière et peints en huit semaines sous la direction artistique des graffeurs Dize et Snake. Époustouflant ! L’avantage d’une telle installation est sans doute de briser la glace en matière d’art. Pas de connaissances préalables à avoir, pas de crainte de se retrouver sans repères devant une œuvre. Le lieu incite à la déambulation, mais l’absence de médiation, et d’artistes, avec pour seuls repères des QR codes (alors que l’on ne vient pas voir une exposition pour être collé à son téléphone), nuit à la compréhension des installations. Pis, dans l’enceinte de l’exposition, au deuxième étage, des galeristes sont présents (Wallworks, Art King, Taxie Gallery), mais semblent trouver le temps long.
Par ailleurs, à La Défense, la dimension B2B n’a pas été oubliée, avec la possibilité de privatiser 1200 mètres carrés en intérieur, et 150 m² de rooftop. Des visites guidées, des animations (initiation au graffiti…), ainsi qu’un second lieu dédié à l’événementiel sont disponibles.
Zoo Art Show, un concept né à Lyon en 2018
Le concept de Zoo Art Show, lui, est pourtant éprouvé. Il est né à Lyon (Rhône), en 2018. “Marc Pigeroulet, un ami opérateur immobilier, disposait d’un bâtiment de 1000 mètres carrés pendant un an dans le centre de Lyon. Nous nous sommes lancé assez naïvement. Nous avons reçu plus de 60000 personnes gratuitement en quelques semaines. L’engouement suscité nous a donné envie de continuer”, retrace Antoine Roblot, le fondateur de Zoo Art Show. Par la suite, plus de 100 stores de commerçants ont été décorés, tout comme une enceinte sportive.
En 2019, 40000 personnes ont été accueillies gratuitement lors de la deuxième édition lyonnaise de Zoo Art Show, tandis qu’une fresque de 2000 mètres carrés a habillé la gare de la Part-Dieu. En 2020, une billetterie et des offres B2B ont été instaurées pour le déménagement dans un bâtiment de 4000 mètres carrés, avec plus de 200 artistes internationaux, mais le Covid a entraîné la fermeture du lieu à plusieurs reprises. En 2022, 10 tramways avaient par ailleurs été redécorés par des street artistes.
“En 2023, nous avions le sentiment d’avoir fait le tour de la question à Lyon, nous nous sommes donc penché sur des nouveaux territoires. Au final, notre venue en région parisienne nous a semblé toute somme logique pour répondre à notre ambition de développement”, poursuit Antoine Roblot. Le pari semble en passe d’être réussi… Il vous reste six mois pour réserver un créneau de visite, moyennant 15 euros.

