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Un soupçon de défiance plane sur l'euro

Il y a quelques années, une enseigne de prêt-à-porter connaissait un succès sans précédent en proposant à ses clients de payer en francs, alors que le passage à l’euro était achevé! Depuis le passage à la monnaie unique, la séparation se prolonge entre l’inflation mesurée par l’Insee et l’évolution des prix telle que perçue par les consommateurs, bien que les derniers chiffres publiés tendent à s’en rapprocher. Depuis l’instauration de l’euro le 1er janvier 1999, les monnaies nationales des douze pays de la zone euro, rejoints en 2007 par la Slovénie, n’existent plus. Les pièces et billets n’ont été disponibles que le 1er janvier 2002, les marchés financiers intégrant pour leur part la nouvelle monnaie dès son entrée en vigueur.

La valeur de l’euro a été fixée le 31 décembre 1998 sur la base du cours constaté pour l’écu (unité de compte adoptée par les pays membre du système monétaire européen) avec la convention d’un euro pour un écu. Le franc a cessé d’avoir cours légal le 17 février 2002. L’euro se veut être une réponse à la mondialisation des marchés financiers, sa zone de couverture comprenant 300 millions d’habitants. La nouvelle monnaie compte concurrencer le dollar, quitte à le dépasser en terme de cours.

Selon l’Eurobaromètre pour l’année 2006, 93% des Européens estiment que l’euro a poussé les prix à la hausse. Cette différence entre le taux d’inflation officiel et celui perçu par les consommateurs est notamment liée au fait que les indices de prix ne tiennent pas seulement compte des achats de la vie quotidienne, comme l’alimentation par exemple, mais aussi de biens de longue durée, dont les prix sont globalement à la baisse, comme la micro-informatique. Le prix de certains biens coûteux, tels que les voitures, ont quant à eux augmenté moins vite que la moyenne. En 2005, dans la foulée des référendums français et néerlandais sur le projet de traîté instituant une Constitution européenne, deux ministres du gouvernement Berlusconi, en Italie, ont remis en cause l’euro en exprimant leur défiance envers celui-ci. Les critères d’entrée dans la zone euro se veulent stricts: l’inflation des pays candidats ne doit pas dépasser une valeur de référence définie comme le taux moyen d’inflation des trois pays les moins inflationnistes de l’Union européenne augmenté de 1,5 point.

Le taux d’intérêt à long terme du pays candidat doit pour sa part ne pas dépasser le taux moyen des trois mêmes pays les moins inflationnistes, augmenté de deux points. Quant aux finances publiques, elles doivent être stables: le déficit public ne doit pas excéder 3% du PIB. D’autres critères rentrent aussi en ligne de compte, comme l’indépendance de la banque centrale de l’État candidat.

Publié dansEconomiePolitique éco