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Territoires : des préférences tranchées selon les classes

L’attractivité économique est inégale selon les régions. Les grandes métropoles attirent les actifs les plus qualifiés, mais perdent les faveurs des retraités.

Alors que Manuel Valls vient de lancer une mission de réflexion sur l’avenir des sous-préfectures, qui devra tenir compte de « la diversité des situations ainsi que les caractéristiques des territoires » selon le communiqué du ministère de l’Intérieur, l’Insee publie une étude sur l’attractivité économique de ces derniers. La capacité des territoires à capter des ressources extérieures – qu’il s’agisse d’activités de production, de nouvelles activités ou de revenus – est passée au crible par l’institut, qui a identifié plusieurs tendances de fond.

Le Nord à la peine. Si l’installation de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, en 2001, est mise en exergue par l’auteur de l’étude, Catherine Sourd (délégation régionale de Midi-Pyrénées), les retombées de cette implantation n’occultent pas le déficit d’attractivité de la région Nord-Pas de Calais. En 2008, les arrivées d’actifs qualifiés se concentraient principalement en Ile-de-France ainsi qu’autour de Toulouse et de Lyon. La part d’emplois liés au tourisme ainsi que le taux d’arrivée de retraités figurent, dans la région, parmi les plus faibles.

Les trajets domicile-travail impactent les territoires. Le dynamisme économique de Nantes et de Marseille irrigue ainsi les communes des alentours. De nombreux salariés quittent ces villes pour leur banlieue, où ils contribuent au développement démographique de villes telles que Salon-de-Provence. De nouveaux besoins en équipements, scolaires notamment, se font sentir dans ces territoires qui sont le théâtre de mouvements pendulaires quotidiens entre les lieux d’habitation et de travail.

L’Ile-de-France constitue un eldorado… pour les plus qualifiés. Régulièrement pointés du doigt pour leurs dysfonctionnements, les transports en commun franciliens constituent un moyen de déplacement privilégié pour les salariés qui rejoignent des entreprises notamment situées à Paris ou sur le plateau de Saclay, qui regroupe, à l’instar de Sophia-Antipolis près de Nice, une forte communauté scientifique. Ces agglomérations figurent parmi celles qui regroupent le de professions intellectuelles « supérieures » et de cadres.

Des lieux de villégiature qui deviennent des lieux d’habitation. Les Sables-d’Olonne, en Vendée, ou Royan, en Charente, constituent des villes privilégiées par les retraités, qui ciblent notamment le littoral atlantique pour y entamer une nouvelle étape de leur vie. Loin des grandes villes mais tout en bénéficiant d’un certain nombre d’infrastructures, ils contribuent à apporter, en plus de l’activité touristique par définition saisonnière, un nouveau souffle à bon nombre de ces communes.

Le difficile équilibre entre emplois et zones résidentielles constitue une préoccupation de taille pour les différentes institutions en charge des territoires, ces éléments en constituant un reflet.

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