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Quels profils recherchent les cabinets de conseil

Les conseils à suivre pour intégrer les cabinets de conseil, en pleine croissance, par Michel Noiry, intervenant à Consult’in France et CEO de Origa Consulting.

TRIBUNE. « Avec une croissance de +6% en 2015 et +8% à 9% attendue cette année, le secteur du conseil se porte bien. Nettement mieux que le reste de l’économie, le PIB national ayant semble-t-il bien du mal à faire plus de 1% en 2016. Porté par la vague de la transformation digitale, le secteur du conseil est un des rares domaines où la France enregistre un taux de croissance qui fasse sensiblement jeu égal avec l’Allemagne (notons, toutefois, que le marché allemand du consulting est près de deux fois supérieur en volume à celui de la France).

Dans ce cadre, les sociétés de conseil recrutent. Elles ont besoin de consultants pour faire face à la croissance mais aussi pour renouveler une partie de l’effectif touchée par le turn over qui est traditionnellement élevé. Ces deux facteurs combinés conduisent à des prévisions de recrutement de l’ordre de 8.000 postes en 2016. L’effectif professionnel en fin d’année passant de 32.000 à 35.000 consultants soit une augmentation nette de 9%.

La moitié des postes disponibles pour les jeunes diplômés

Sur 8.000 embauches, la moitié environ concerne des jeunes diplômés. Si, avec l’évolution de l’économie et plus généralement de la société, les cabinets de conseil sont apparemment moins strictement élitistes que par le passé, l’évolution touche plus la diversité des profils que le niveau de la formation initiale. Un diplôme d’une grande école de commerce ou d’ingénieur ou encore un Master 2 d’une très bonne université restent les sésames qui ouvrent la porte des sociétés de conseil à un jeune diplômé. Dans ce cadre, c’est l’excellence de la formation qui est recherchée plus que le domaine de spécialisation. Un stage en entreprise, même prolongé, ou une majeure « consulting » ne sont pas suffisants en tant que tels. En revanche, un stage dans un cabinet de conseil reste un bon vecteur d’intégration pour un profil junior. Le boom du big data offre également des opportunités à des profils scientifiques que les cabinets de conseil ne recrutaient que très rarement il y a quelques années encore parce que trop étroitement dédiés.

Richesse de la formation et qualités d’autonomie et d’écoute

Pour être efficaces, les candidats doivent prendre en compte dans leurs recherches que les cabinets les plus éminents et les plus connus reçoivent des dizaines de milliers de CV dont le traitement est largement automatisé et inscrit dans un processus normé. La richesse de la formation est un prérequis qui permet de passer un premier filtre. Viennent ensuite d’autres qualités qui seront analysées, notamment, lors d’entretiens individuels. Ceux-ci pouvant commencer par un entretien virtuel avant de se poursuivre en face à face. Le conseil est un métier particulier où alternent les postures techniciennes et relationnelles. Plus que les compétences techniques, supposées acquises, ce sont les qualités de rigueur, d’autonomie mais aussi d’écoute, d’empathie, de communication et de capacité d’entrainement qui permettront de faire la différence et sur lesquelles seront finalement recrutés les candidats.

Les services financiers et le digital à l’honneur

La problématique de la spécialisation n’intervient que plus tard dans la carrière. Elle concerne l’autre moitié des candidats que recrutent les cabinets. A ce stade, c’est la qualité de l’expérience qui est déterminante. Les profils recherchés concernent évidemment les secteurs qui marchent le mieux. A commencer par les services financiers (banque et assurances) qui constituent 30% du marché mais aussi certains secteurs industriels comme l’automobile ou les sciences de la vie ou encore l’énergie et les transports. Plusieurs profils sont recherchés (spécialiste SI, expert en sécurité, consultant RH, data scientist, etc.), tous ayant trait à la vague du digital et aux projets de transformation qui l’accompagnent.

Des projets en mode start-up

Cette situation de relative pénurie, les profils intermédiaires ou expérimentés (5 ans d’expérience et plus) étant aujourd’hui moins nombreux que les postes à pourvoir, crée des tensions sur le marché de l’emploi et se traduit par une inflation salariale peu compatible avec la pression sur les prix entretenus par les services achats des clients. Pour contrer le turn-over, les cabinets élaborent des stratégies sur leur promesse employeur afin d’apporter des réponses concrètes aux aspirations des consultants : mise en place de parcours internationaux dès l’embauche, ouverture de bureaux en régions, création d’incubateurs gérés en mode start up, essaimage, intrapreneuriat, afin d’«étendre la liberté d’entreprendre en interne».

Par ailleurs, ils tendent à élargir le champ de leurs recrutements. Nombreux sont ceux qui vont chasser des profils directement issus des secteurs où ils interviennent ainsi que des professionnels d’autres métiers de services dont les codes sont proches de ceux du consulting. Cette situation offre indiscutablement des opportunités aux profils expérimentés tentés par une carrière dans le métier du conseil. Etant bien compris qu’aux qualités relationnelles exigées des jeunes diplômés, s’ajoutent encore des compétences managériales et de gestion de la relation client ainsi qu’une ouverture internationale parmi les critères de recrutement. »

Publié dansActualité socialeSociété