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Moyen-Orient: crises pétrolières et enjeux géopolitiques

Le pétrole constitue un instrument de négociation sans équivalent pour les pays du Moyen-Orient. Focus historique.

En 1970, les Etats-Unis importaient 25% de leur consommation pétrolière, tandis que l’or noir représentait  60% de l’énergie primaire en Europe. Un contexte d’épuisement des réserves naturelles pour les Etats-Unis et, de manière plus globale, de délaissement progressif du charbon – source d’énergie qui, hausse des cours aidant, tend à trouver une oreille favorable auprès de décideurs – a précipité la dépendance de nombreux Etats au pétrole, et amplifié le conflit entre pays producteurs et compagnies pétrolières.

La création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, en 1960, constituait un premier pas vers un renforcement de l’influence de ces derniers ; en 1972, le relèvement du prix du baril afin de palier la baisse du dollar a permis d’affirmer leur poids de manière plus significative encore. Les enjeux économiques rejoignent donc, en matière d’énergie, les enjeux politiques, les pays consommateurs décidant alors de restreindre leur consommation en adoptant, dans la foulée du premier choc pétrolier, des mesures de rigueur particulièrement marquantes.

L’envahissement d’Israël en octobre 1973 par les armées égyptiennes et syriennes, condamné par les occidentaux, a provoqué des mesures de rétorsion commerciale à l’encontre de ces derniers, se traduisant par une réduction des volumes exportés puis par un embargo à l’encontre de quatre pays (Hollande, Portugal, Etats-Unis, Afrique du Sud). Le prix du baril a alors quadruplé en l’espace de trois mois, sans pour autant revenir à son ancien niveau lors de la levée de l’embargo en 1974.

De manière plus ciblée, le pétrole a constitué un facteur prédominant « d’émancipation » pour les Etats du Golfe persique. En recouvrant près de 60% des réserves mondiales de pétrole, cette région jouit d’une arme géoéconomique particulièrement forte, et ce depuis les premières découvertes en Perse au début du XXème siècle. L’or noir a ainsi joué un rôle majeur dans l’émergence de revendications nationales en Iran, les concessions attribuées à des firmes britanniques ayant notamment été remises en causes par Reza Pahlavi en 1932.

La prospérité pétrolière sur laquelle s’appuient de nombreux Etats du Moyen-Orient ne sera pas cependant pas sans limites. La place de la région en tant que producteur de « référence » est déjà posée, même si cette position stratégique ne pourra véritablement être remise en cause. La recherche de nouveaux leviers de croissance constitue par ailleurs un enjeu majeur pour les « pétromonarchies ».

Publié dansEconomie