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L’industrie européenne initie 85% de la R&D privée

Mis à jour le 20 février 2011

Avec 36 millions de salariés, l’Union européenne peut se targuer de compter parmi ses atouts la première industrie du monde. Le secteur génère à lui seul 70% des exportations totales de l’Union. De plus, une entreprise exporte en moyenne 35% de son chiffre d’affaires, contre 16% dans les autres secteurs.

L’industrie regroupe les activités de transformation des produits (matières premières et produits semi-finis). Trois catégories sont incluses dans ce secteur: l’énergie, l’industrie agro-alimentaire et l’industrie manufacturière. La politique industrielle désigne quant à elle l’ensemble des actions et mesures prises par les pouvoirs publics afin de modifier et d’orienter l’évolution des activités industrielles. Les instruments de cette politique, visant essentiellement aujourd’hui à améliorer la compétitivité des entreprises, sont nombreux, parmi lesquels des incitations fiscales ou des commandes publiques. L’effectif employé dans l’industrie a diminué sur une longue période (-1,2 % en moyenne annuelle entre 1988 et 2000), mais la valeur ajoutée, à savoir la valeur nouvelle créee par une entreprise lors de son cycle de production et correspondant à la différence entre la valeur des biens et des services utilisés, a progressé de 2,8% par an dans le même temps.

L’industrie européenne initie 85% de la recherche et développement (R&D) privée, et force est de constater que la productivité du travail a augmenté annuellement entre 1988 et 2003 de 2,4 % pour l’ensemble des secteurs, mais ce chiffre s’élève à 3,2 % dans l’industrie manufacturière. Le recul des emplois directs créees par l’industrie (-2,4 % en 2005, après -2,7 % en 2004 en France) se trouve compensé par l’externalisation progressive de certains services, parmi lesquels l’informatique ou le gardiennage. Toutefois, de manière globale, les entreprises industrielles françaises ont enregistré une diminution de 5% du nombre d’emplois entre 1995 et 2003.

Le secteur automobile se trouve confronté à la hausse du prix des matières premières, et en particulier de ceux de l’acier, dont le prix à la tonne a progressé de 40 % en 2004. En 2005, PSA et Renault ont respectivement annoncé 357 M€ et 340 M€ d’impact sur les résultats. Les véhicules doivent être mis aux normes environnementales européennes, dont le surcoût moyen est estimé par les constructeurs à 800€ pour la norme Euro IV (applicable depuis le début de l’année 2006). La gestion des surcapacités a entraîné de dououreux plans sociaux et fermetures d’usines. Renault Vilvoorde en 1997, la réduction de la production à l’usine Wolkswagen de Forest (Belgique) et quelques sites britanniques sont emblêmatiques de ce tournant. La pression sur les sous-traitants et les fournisseurs devrait s’intensifier face à la possiblité de faire appel à des entrepreneurs installés dans des pays émergents.

Les marchés émergents représentent par ailleurs un nouvel eldorado pour les constructeurs, avec la production de modèle à bas prix dédiés (dont la Logan de Renault). Au contraire, l’industrie du luxe est dominée par le numéro un mondial LVMH, qui présente la particularité d’être français. La délocalisation de la production de ces produits d’excellence apparaît comme un sujet tabou, car l’attrait du Made in France ou du Made in Italy est incontestable. Cependant, le risque de contrefaçon freine ce mouvement encore balbutiant.

Publié dansEntreprisesIndustrie