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Les femmes toujours pénalisées dans la vie active

En dépit d’un niveau de formation plus élevé, les femmes apparaissent toujours comme les plus mal loties sur le plan de l’emploi et des salaires.

60 % des plaintes déposées depuis cinq ans auprès de la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, sont le fait de femmes enceintes. Parmi les cas les plus fréquents, la non-sélection de la candidature ou un licenciement injustifié, comme le rappellent les textes : une femme enceinte n’a pas à informer de sa grossesse au moment de son embauche ou lors de sa période d’essai. Un délai de quinze jours est également prévu pour prévenir l’employeur ou faire annuler le licenciement.

Cet exemple illustre les difficultés qu’éprouvent toujours les femmes dans le monde du travail, les inégalités entre sexes étant largement répandues. Selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne, 62 % des habitants de l’UE considèrent que ces inégalités sont fréquentes, un chiffre qui monte, selon une autre étude, à 77 % chez les Français. Les salaires sont un des symptômes de ce déséquilibre : « pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10 % à ceux des femmes », constatait récemment l’Institut national de la statistique et des études économques (Insee) dans une publication consacrée au début de carrière des femmes et des hommes.

Une précarité plus forte

La proportion du nombre de salariés à temps partiel explique notamment ce chiffre : 80 % sont des femmes. La crise a appuyé cette situation, comme le rappelle l’économiste Françoise Milewski dans une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques : « Pour les femmes, le ralentissement du nombre d’emplois s’accompagne aussi et surtout par un ajustement de la durée du travail. Ce développement du sous-emploi est lourd de conséquences car il accroît à la fois le chômage et la précarité ». Les hommes apparaissent comme les plus touchés par la crise, mais acceptent moins de « petits boulots ». La forte proportion des contrats à durée déterminée (23,5 %) parmi ces emplois aggrave la paupérisation des femmes, qui s’en tirent pourtant bien en matière d’études.

Car, en dépit de ces difficultés, elles figurent parmi les plus combatives dans l’univers scolaire. L’élévation du niveau d’études leur sourit en premier : tandis qu’en 1984, seulement 19 % des garçons et 20 % des filles engagés dans la vie active depuis moins de six ans étaient titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, en 2008, ces données s’établissent à respectivement 38 % et 51 %. La proportion de filles sans diplôme continue à reculer depuis de nombreuses années, mais les choix de formation qu’elles effectuent les pénalisent, selon l’Insee, dans leur insertion professionnelle.

Leur niveau de diplôme constitue un atout dans cette période d’incertitudes économiques, le taux de chômage des femmes de moins de 25 ans étant désormais inférieur à celui des hommes (23,8 % contre 24 %). Par ailleurs, au deuxième trimestre 2009, parmi les actifs, « 18 % des femmes ayant récemment fini leurs études sont au chômage, contre 22 % des hommes », rappelle l’Insee. Des chiffres encourageants qui ne parviennent pas toutefois à tempérer une réalité : le taux de chômage des femmes (10 % au troisième trimestre) reste plus fort que celui des hommes (9,1 %).

Publié dansActualité sociale