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Les cours du cacao tirés à la hausse

Le recul généralisé des matières premières constaté depuis plusieurs mois ne semble pas affecter une ressource essentielle au secteur agroalimentaire, le cacao. Sur le marché londonien, la tonne est passée de 1000 livres sterling en janvier à 1700 livres en juillet. Les prix stagnent désormais autour de 1300 livres la tonne. La hausse constatée depuis le début de l’année s’effectue en dépit d’une production en hausse de 10 % à environ 3,8 millions de tonnes sur la saison 2007/2008, qui vient de s’achever.

« Nous nous attendons à une stabilisation, entre 1 300 et 1 500 livres sterling la tonne« , indique au Figaro Patrick De Maeseneire, PDG de Barry Callebaut, numéro un mondial des fabricants de produits à base de cacao. Les cours semblent soutenus à long terme par la demande mondiale et les incertitudes quant aux futures récoltes. L’Europe capte 40% du cacao, devant les Etats-Unis. Les consommateurs du Vieux-Continent raffolent de la ressource brune, devenue une institution en Belgique, par exemple. Depuis le début de l’année, l’activité en volume de Barry Callebaut a progressé de 10 %, poussée par la signature de nouveaux contrats avec Nestlé et Cadbury. Le marché mondial est pour sa part en progression constante de 2,5% par an en moyenne.

Autre facteur haussier, les conditions de récolte. Certes, les stocks sont confortables (1,7 million de tonnes), mais la météo est incertaine. La pluie fait pourrir la fève et dilue les saveurs. La production a ainsi été pénalisée sur la saison 2006/2007. En Côte d’Ivoire, le vieillissement des plantations de cacaoyers donne également des sueurs froides aux professionnels du secteur: 65 % des pieds ont plus de quinze ans, et leur renouvellement se fait tarder. Les difficiles conditions financières des planteurs les incitent à privilégier la quantité au détriment de la qualité. L’Afrique de l’Ouest concentre 71 % de la production mondiale de cacao: les regards se tournent donc vers les conditions économiques et climatiques de cette partie du globe.

Dans ce contexte délicat, les industriels pourraient être contraints de relever les prix de vente des chocolats de 15 % à 20 % à la fin de l’année, période propice à la consommation de ce produit qui ne cesse de connaître de nouvelles innovations. Dernière en date, une incursion sur le terrain de la santé. « Nous avons développé une technologie pour préserver les vertus des antioxydants contenus dans les fèves de cacao lors de la fabrication du chocolat« , explique ainsi Patrick de Maeseneire.

Publié dansEconomie

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