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Intelligence économique: un guide à l’usage des PME

En vogue ces dernières années, la notion d’intelligence économique fait l’objet d’un guide à l’usage des dirigeants de PME. Co-édité par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) et la région Ile-de-France, il permet, à travers l’exemple d’une entreprise fictive, d’appréhender des notions essentielles dans un contexte de concurrence, qui plus est mondialisée.

Somme de tous les moyens destinés à conserver les informations essentielles pour l’entreprise, afin d’éviter toute tentative d’exploitation de ces données par un concurrent, l’intelligence économique se différencie de l’espionnage ou d’autres techniques contestables. A ce titre, le guide met en exergue des responsabilités pour le chef d’entreprise: employer les techniques de veille, maîtriser l’information de son entité, et se placer dans une démarche de prospective.

Le personnel en ligne de mire

Dans cette optique de préserver les informations vitales à la conduite de l’entreprise, la gestion du personnel apparaît comme primordiale aux yeux des auteurs. « Tout est possible en matière de personne douteuse ou malhonnête. Il vous appartient donc de recouper vos sources d’informations, quitte même à rencontrer les anciens employeurs pour valider votre avis », est-il conseillé.

Dans le cadre des stagiaires, la période la plus délicate se déroule après plusieurs mois de présence dans l’entreprise. Considéré comme un membre du personnel à part entière, la suspicion s’estompe à l’égard de la personne. A ce moment-là, « en cas de malveillance préméditée de la part du stagiaire, il peut y avoir vol d’informations, notamment dans le domaine du transfert de technologie« , mettent en garde les auteurs.

Des relations de l’entreprise avec l’extérieur

La curiosité peut se révêler être un vilain défaut ! Au-delà des précautions d’usage à prendre au sein même de l’entreprise, par exemple en édictant des règles de confidentialité au sein du règlement intérieur, le chef d’entreprise doit aussi maîtriser ses contacts avec l’extérieur. Des événements a priori anodins peuvent constituer une formidable occasion pour un concurrent de glaner de nombreuses informations sur l’entreprise sans vraiment être inquiété. Ainsi, la visite d’un client potentiel ou l’organisation d’une journée portes ouvertes doivent faire l’objet d’une préparation en amont afin de prévenir tout vol ou prise de photographies, autant d’éléments qui pourraient être bénéfiques à un concurrent.

Dans la continuité de ces précautions, la gestion de l’information doit faire l’objet d’un traitement spécifique à chacun des membres de l’entreprise. Se protéger ne signifiant pas s’isoler, le chef d’entreprise doit réserver une partie de son temps à la veille concurrentielle. Selon les auteurs, 70% des salariés de PME/PMI affirment « ne pas connaître ou méconnaître la concurrence » ! Il s’agit de mieux connaître les concurrents et leurs résultats. Cependant, la question de la récolte de ces informations s’annonce sensible. On distingue pour cela trois types d’informations: l’information « blanche » (librement accessible et peu stratégique), « grise » (dont l’accès est plus difficile) et « noire » (confidentielle).

Ces quelques « précautions d’usage » sont à retrouver dans le guide de la CGPME et de la région Ile-de-France. A noter également que l’Etat a nommé un Haut responsable en charge de l’intelligence économique, Alain Juillet. Un site internet permet d’approfondir des questions-clés autour de la maîtrise de l’information stratégique.

Publié dansEntreprisesIndustrieRéférences