Aller au contenu

Industrie financière: les suites de la crise

Crise financière, nouvel épisode. La semaine qui vient de s’achever s’inscrit de nouveau dans le cadre de la série de turbulences en cours depuis plus d’un an. La propagation de la crise à l’économie réelle, avec de nouvelles annonces sur le plan social, en fait partie, tout comme de nombreux rebondissements dans la sphère financière. Problématiques propose un panorama – non-exhaustif – des évènements de ces derniers jours.

Octobre s’achève en demi-teinte. En recul de 14,06 %, l’indice Dow Jones a connu à New York son pire mois depuis dix ans. L’extrême volatilité enregistrée ces dernières semaines a de quoi perturber les investisseurs, qui seront par ailleurs ravis d’apprendre que, sur la semaine qui vient de s’achever, ce même indice a enregistré sa plus forte progression hebdomadaire depuis 1974: + 11,3 %. Même contraste à Paris avec 13,52 % de baisse pour l’indice Cac 40 sur le mois d’octobre, une chute qui n’est pas la plus importante: en septembre 2002, il s’était effondré de 17,49 %. A noter par ailleurs que l’opérateur boursier Nyse-Euronext compte se séparer d’environ 200 personnes d’ici à la fin 2009, selon La Tribune.

Barclays fait appel aux fonds souverains. « Il est essentiel de conserver notre autodétermination et le contrôle de notre destinée« , a expliqué le président de Barclays, Marcus Agius. La banque britannique a préféré contourner le gouvernement afin de mettre à niveau son ratio de solvabilité. Elle a lancé une opération de recapitalisation de 7,05 milliards de livres (soit 8,9 millions d’euros) auprès de fonds souverains basés dans le Moyen-Orient. Qatar Holding renforce son rôle de premier actionnaire, tandis qu’un membre de la famille royale d’Abu Dhabi fait son entrée au capital. Au total, 32 % de la banque seront aux mains de ce type d’investisseurs.

Sarkozy rappelle les banques à l’ordre. « J’appelle les banques à leurs responsabilités. Dans les circonstances très exceptionnelles que nous traversons, les entreprises, notamment les plus petites, ont plus que jamais besoin de visibilité et de stabilité dans leurs financements bancaires. Pour cela, les entreprises ont besoin que leurs partenaires bancaires maintiennent leurs offres de crédit à des prix compétitifs« , a indiqué jeudi le président de la République. La garantie allouée aux établissements financiers à hauteur de 360 milliards d’euros devra donc être accompagnée d’une détente des conditions d’octroi de crédits, sans quoi les facilités accordées pourront être remises en cause.

Le FMI souhaite réaffirmer son rôle. Dans un entretien accordé au Monde, Dominique Strauss-Kahn a fait part de ses attentes concernant le G20 qui se réunira dès le 15 novembre. Les participants devront prendre « la mesure de la situation historique que nous vivons, et donc une impulsion décisive, à partir du document que nous lui soumettrons sur les leçons de la crise, pour la réforme de la gouvernance mondiale« , a rappelé le directeur général du Fonds monétaire international. Le rôle tenu par l’institution « de coordonnateur de la régulation mondiale » devra être réaffirmé, selon DSK. De quoi redorer le blason de son institution.

Les pays émergents devraient mieux résister que prévu. Nous proposions cette semaine un billet assez pessimiste sur la vulnérabilité des pays émergents à la crise. « Les pays émergents sont touchés de plein fouet par la crise et on se demande maintenant quel moteur pourra faire redémarrer la croissance mondiale“, expliquait au Figaro Philippe Waechter, de Natixis AM. L’assureur-crédit Coface tend à modérer ces prévisions: la résistance des pays émergents, qui pèsent pour 40 % du PIB mondial, devrait permettre d’obtenir une croissance mondiale de 3 % en 2008 (dont 6,3 % pour les émergents) et de 2,5 % en 2009. « Même si l’économie entre dans une longue phase de croissance atone, les entreprises s’adapteront« , explique également l’entreprise, qui parie sur une durée maximale de la crise de deux ans.

Publié dansEconomieMarchés et finance