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Comment l’hôtel Les deux girafes s’est lancé à Paris

Ouvert depuis juillet 2018, l’hôtel Les deux girafes, niché dans le 11ème arrondissement de Paris, a tiré parti d’une implantation dans une ancienne usine de meubles pour pouvoir aménager 34 chambres, classées quatre étoiles, ainsi qu’un restaurant. Son directeur, Alexandre Rondepierre, revient sur cette aventure entrepreneuriale pour Business & Marchés.

Pourquoi avez-vous reconverti un bâtiment industriel en hôtel ?

Gérer un hôtel était un rêve depuis une quinzaine d’années. Mon beau-père souhaitait diversifier l’activité de l’entreprise familiale de BTP. J’habite dans la rue depuis dix ans, un hasard ! Je faisais du conseil en investissement, puis j’ai suivi un MBA en gestion hôtelière. Après trois ans et demi de travaux, nous avons aussi ouvert un restaurant de 60 places assises, Le Beslay, avec une chef italienne. Nous devions seulement ouvrir un hôtel, et nous avons pu acheter un local attenant à condition d’y établir un restaurant. Nous en sommes très contents, car il donne une vraie dynamique à l’hôtel.

Lobby et bar - Hôtel Les deux girafes - Paris 11e

Quelles aspérités avez-vous apporté à l’hôtel ?

Nous n’avons pas essayé de révolutionner l’hôtellerie. Nous avons conservé avec trois catégories de chambres (standard, supérieure, de luxe). Dans la construction, nous avons essayé de faciliter la gestion (aspiration centralisée, offices à chaque étage…) avec des conditions de travail. Nous voulons créer un lieu de vie, donc il faut que le personnel doit s’y sentir bien. J’ai pris le parti d’embaucher des personnes dont il s’agit le premier emploi ou en reconversion, pour inculquer une nouvelle vision de l’hôtellerie et du service. 12 personnes officient à l’hôtel et, aussi, 12 personnes au restaurant.

Quels sont les points forts de l’aménagement ?

Dès l’extérieur, les clients devaient se rendre compte qu’il existe un patio. La girafe nous permet de jouer dessus. Nous avons essayé d’intriguer le client. Il y avait déjà un hôtel à Marseille qui s’appelait la Girafe, donc nous en avons rajouté une deuxième ! Côté rue, elle cligne des yeux. Dans le patio, le cœur de la girafe palpite en LED rouges. Nous sommes en géothermie et nous disposons d’une toiture végétalisée, Nous avons eu la chance de faire du neuf, donc nous sommes RT 2012. Signe de l’engagement environnemental, les bouteilles d’eau sont en verre et la salle de sport est équipée de matériels sans eau.

Chambre - Hôtel Les deux girafes - Paris 11e Chambre - Hôtel Les deux girafes - Paris 11e Chambre - Hôtel Les deux girafes - Paris 11e
Chambre - Hôtel Les deux girafes - Paris 11e

Comment se sont déroulés les premiers mois d’exploitation ?

Nous avons été agréablement surpris en recevant quelques personnalités, qui nous ont permis d’être bien référencés sur les réseaux sociaux. L’été s’est déroulé calmement, avant de décoller grâce aux fashion weeks avec un prix moyen assez convenable. Nous passons par des on-line travel agencies. Nous travaillons beaucoup avec Booking, un peu moins avec Expedia. Nous prenons 40% des réservations en direct. Le projet plaît, et donc nous avons beaucoup d’habitués, plutôt business (70%) et 30% de loisirs. Notre stratégie d’adwords actuelle est plutôt payante. En revanche, nous avons passé cinq mois sans barman.

Quels sont vos projets de développement ?

Nous avons également une pièce de 45 mètres carrés à aménager en rez-de-jardin. Nous espérons, en développement, poursuivre la progression que nous avons eu ces derniers temps, et arriver à un taux d’occupation convenable d’ici à la fin 2019. Nous étions déjà à 65% en fin d’année dernière.

Escapade au restaurant

Accolé au lobby de l’hôtel, le restaurant Le Beslay, tout en façades vitrées, cible une clientèle de quartier et des arrondissements limitrophes en « travaillant des produits de qualité au meilleur rapport qualité-prix », souligne son directeur, Fabio Panetta, issu de la sommellerie. 150 références de vins, essentiellement biologiques, sont proposées – un chiffre qui est amené à s’accroître. Les produits de la mer s’arrogent une belle partie de la carte, comme en témoignent les Saint-Jacques, à l’honneur lors de notre visite. Le dimanche, le restaurant de 50 couverts propose un brunch.

Publié dansEconomieEntreprisesServices